L’Inde…

L’Inde… comment parler de l’Inde…?
J’ai souvent envisagé de ne pas écrire d’article sur l’Inde. Au début parce que je voulais finir mon voyage libre de toute écriture, de tout témoignage, de voyager juste en vivant, sans avoir à me raconter. Et puis, plus le séjour avançait plus il me semblait de toute façon impossible de décrire. Décrire l’ambiance des rues, décrire les relations entre les gens, comment fonctionne les échanges, les commerces, la société.
L’Inde, quand on arrive, c’est Bordel-Land. En grand, en immense. Un fouillis anarchique ou chacun semble se démener pour ramener quelques sous à la fin de la journée. Dans la joie, dans l’excitation, dans la précipitation. Ou dans la patience et l’attente. Ca joue des coudes partout, aux guichets (faire la queue semble très difficile pour les indiens), pour monter dans le train (avant même qu’il soit arrêter, et même s’il va rester une demi-heure en gare de toute façon).

Rue de Dimapur, ville glauque, surtout le dimanche. Et pas vraiment sympa. Seul intérêt : il y a une gare, pour partir ailleurs

Et puis au fil du temps on voit que tout le monde se tient les coudes. Les gens donnent aux mendiants, pas à tous les coups mais souvent. Il y a une grande cohésion. Personne ne meurt de faim en Inde, ou presque. Quand ça arrive c’est un drame collectif.
En Inde, on peut se retrouver souvent dans la merde, mais jamais pour longtemps : il y a toujours quelqu’un qui vous aidera. L’Inde est parsemée de menteurs qui vous racontent des histoires aussi grosses que le pays pour vous faire acheter ceci ou vous soutirer cela, mais sans méchanceté, sans rancune si vous leur refusez, tout ça c’est du jeu. En Inde on a de l’humour ou on tombe malade. Et l’Inde est aussi parsemée d’anges gardiens, qui accueillent et aident gratuitement ; quelques fois ce sont les mêmes que les précédents, 10 minutes avant ou 10 minutes après.

Gare de Dimapur. J’avais peur. J’allais prendre un train sans réservation, de ceux que l’on voit bondés, avec des poules, des gens assis partout où ils peuvent, ou debout. Ca allait être mon premier vrai contact avec les indiens, et j’avais 6h de train jusqu’à Guwahati. Ca c’est très bien passé 🙂

En Inde on ne s’ennuie jamais. Rien n’est jamais acquis, tout est remis en question tout le temps. Aussi parce qu’il y a plusieurs Indes. C’est vaste. On y parle 16 langues avec 16 alphabets différents, et dans chacune le dialecte change tous les 15 km. Sans parler des religions, des paysages, des habitudes culinaires.

En Inde le temps est une notion accessoire, qu’on utilise, ou pas.

L’Inde est bruyante, surtout dans les grandes villes, qui sont juste insupportables. Le klaxon est utilisé en permanence, c’est ahurissant. On roule officiellement à gauche, mais en fait on roule où on peut passer. Officiellement il y a deux voies, mais en fait, tant que ça passe il peut y en avoir 3 ou 4. D’autant plus que les vaches s’en mêlent, statiques ou marchant au ralenti dans la cohue urbaine, ou sur une plage, ou dans un temple, ou sur le quai des gares, ou sur les rails des gares (il faut voir les gens essayer de les éloigner quand un train approche, c’est beau). Et parfois il y a les singes, souvent dans les temples, mais aussi dans les villages, les gares. L’Inde est joyeuse, l’Inde est curieuse, l’Inde est accueillante. L’Inde vous plumera si vous ne savez pas mettre des limites, mais l’Inde est attendrissante et attachante, on veut lui donner de ce qu’elle donne, et se laisser arnaquer par un chauffeur de tuktuk ou un marchand qui gagne peu fait partie de mon jeu, aussi. La vie peut être si peu chère en Inde, que laisser 100 roupies de plus et bien ça peut rendre un jour heureux pour quelqu’un, quand ce n’est que 1,25 euros pour moi. Ok, se faire raconter des histoires et se faire embobiner n’est pas agréable. Mais en Inde ça passe, parce que …. ici rien n’est grave. Et la course à racler les prix comme le font pas mal de voyageur est parfois obscène. On est quand même des enfants gâtés, et on a peur de perdre un euro.

Guwahati, petit marché le long du fleuve. Ville peu intéressante pour les touristes, elle m’a permis de faire plus ample connaissance avec l’Inde et sa, ses cultures

L’Inde nous pousse à nous poser les bonnes questions. Et à mettre immédiatement les réponses en pratique. L’Inde ne laisse pas beaucoup de répit. L’inde rit, pleure, chante, danse et prie. C’est le pays le plus vivant que j’ai traversé.

Oui, l’Inde est incroyablement vivante, et on veut être son amie. Et elle nous montre que oui, et que non, et que oui, et que non… L’Inde dans sa vivacité et son intemporalité, nous échappe toujours. Tout en nous tenant la main et nous servant un bon thé chaï (en vente aussi partout dans les rues, les gares, les wagons, les bus).

Il y en a des gros poissons dans les rivières

Je ne pense pas que je pourrais en dire beaucoup plus sur l’Inde, mon Inde. Elle est aussi comme une belle symphonie ; on peut écrire des pages et des pages sur une symphonie, ça ne vous apportera rien : il faut l’écouter par vous-même.

Ceci dit, ça vaut pour tous les pays.

L’inde n’est pas très propre non plus, comme tous les pays tropicaux traversés il n’y a pas vraiment la préoccupation de mettre les déchets à la poubelle. Les plastiques trainent partout ou presque. Mais des campagnes voient le jour, comme ici à Guwahati.

Un autre événement m’a aidée à penser à arrêter d’écrire. D’autant plus qu’il est arrivé après une série d’autres évènements. Déjà, depuis plusieurs mois, quand j’ai l’occasion de prendre une chouette photo il y a presque toujours quelqu’un ou une voiture ou je ne sais quoi qui déboule pour se mettre entre l’objectif et la scène. C’est hallucinant, j’en rigole à chaque fois maintenant. Puis, depuis un mois j’ai perdu des trucs, oubliés derrière moi : mon sac de couchage dans un bus du Myanmar, mes écouteurs dans une auberge, ma gourde (avec filtre intégré) dans un musée en Inde. Puis la carte mémoire de mon appareil photo a déconné, elle n’enregistrait plus les photos (là je me suis dit qu’il y a vraiment un problème avec l’enregistrement du voyage). Et pour finir en beauté, je me suis rendue compte que le fichier photo de mon ordi avait disparu. Plus là. Plus clairement, j’ai perdu toutes les photos de mon voyage. Deux ans d’images. Restent celles du blog et de Instagram. Parmi les disparues il y avaient les plus belles photos de mon début de voyage en Inde, que vous ne verrez donc pas.
En fait, j’ai du faire une fausse manip en faisant du ménage et mettre le fichier à la corbeille, et vider la corbeille. Personnellement, ça me sidère et c’est tellement gros que ça me fait rire. Je suis juste déçue pour les photos de Varanasi et d’Allahabad, qui étaient vraiment belles, je n’avais pas mis les plus belles sur Instagram. Mais sinon c’est plutôt cool. Ca allège.

En marchant vers la gare de Guwahati, pour 25h de train jusqu’à Varanasi

Mais comme message on ne pouvait pas plus clair. Ou pas. Je crois que j’aimerais beaucoup, j’adorerais voyager sans avoir rien à raconter, juste être là, au lieu d’être là + penser à ce que je peux en dire à qui veut lire. Et en même temps je n’ai pas les ovaires assez grosses pour prendre la décision. Je me dis aussi que c’est un témoignage qui sert peut-être, pas seulement à divertir mais à inspirer. Si ça peut inspirer d’autres personnes pour vivre ce qu’elles ont envie de vivre alors ça en vaut peut-être la peine. Mais il y a d’autres sources d’inspirations ailleurs. Et ma propre évolution de vivre la fin de mon voyage sans ce cordon ombilical des réseaux et de la représentativité, de la connexion virtuelle à un groupe que j’imagine, me donnant une consistance sociale virtuelle, est peut-être toute aussi importante.En plus WordPress (la plateforme que j’utilise pour écrire le blog) a évolué et la nouvelle version est chiante à utiliser. Vous pouvez voir que la mise en forme est différente et je n’arrive pas à avoir la même qu’avant. C’est moche. (oui, je râle)

Varanasi, cette ville célèbre dont on a tous vu des images. Ici beaucoup d’Indiens se font incinérés sur les bords du Gange. On voit des corps portés sur des civières passer dans les ruelles (non couvert), entourés d’hommes chantant. Les femmes n’ont pas le droit de participer à la cérémonie (sauf morte), sinon ça marche pas bien, forcément.

Toujours est-il que l’Inde m’a fait un bien fou. Je me sens beaucoup mieux dans ma peau et dans ma vie. Ici les masques se fissurent. Si on veut entrer vraiment en relation il faut être soi, et centrée. Tout bouge, même la vérité, alors si on n’a pas la sienne, si on n’a pas son cap, ses valeurs, ses limites, on est poussée à les trouver ou à chavirer tous les jours. Mais je suis arrivée en Inde après beaucoup d’autres pays et cultures, j’étais je pense prête à ça. Voire demandeuse, comme d’un coup de pied au cul pour me sortir de ma torpeur et mes indécisions. Si j’avais commencé par l’Inde je ne l’aurais certainement pas vécu de la même façon.

Les bords du Gange sont surtout occupés par des temples, des lieux de prières et méditation (le soir et le matin), des sâdhus de toute sorte, dont les nagas sont les plus connus (ceux qui vivent nus, le corps souvent recouvert de cendres). Et des vaches.

Dés l’arrivée tout a changé. D’autant plus que je suis venue par voie terrestre, déboulant par l’Est dans une région voyant très peu d’étranger. Et en fait, après le maternage perpétuel de l’Asie du Sud-Est, où on est pris en charge même sans le demander, où tout le monde est poli et gentil même de façon hypocrite parfois, ça m’a fait un bien fou de me retrouver dans ce bordel sonore et odorant, plein de promesses et suscitant plein de peurs, me disant « tu es comme nous, démerdes-toi ».

Un sâdhu à Varanasi

Là, c’était du voyage, là, j’ai vécu ce que les anciens baroudeurs ont pu vivre, un peu. Parce que la deuxième nuit j’ai eu du wifi à l’hôtel et que de ma chambre j’ai pu avoir plein d’infos sur internet et réserver un billet de train. Dans la gare c’était impossible, ils ne faisaient aucun effort pour m’expliquer. Or, si le système ferroviaire indien est génial, très développé et permet d’aller partout ou presque, quitte à rester 36h dans le même train, il est un peu compliqué à comprendre au premier abord. Au second puis au troisième on se débrouille très bien.

Une autre sorte de sâdhu, ma préférée, pacifique. J’avais une belle photo de cet homme me souriant, elle s’est envolée.

Bref.

Je ne vais pas m’étendre, juste mettre des photos légendées. Plein.

Mon parcours en Inde a été : arrivée à la frontière birmane à Moreh le 15 février. Puis Imphal, Dimapur, Guwahati, Varanasi, Allahabad, Banda (pour du volontariat), Khajuraho (et le parc national de Panna), Orchha, Hampi, Gokarna, Mumbai (Bombai). Envol pour la Turquie le 7 avril.

Place aux images, et à très bientôt pour des nouvelles plus fraîches 🙂

Un naga qui me regarde le photographiant. Ca me fout mal à l’aise à chaque fois, comme si je volais quelque chose.
Rencontrer le Gange a été une belle émotion
Le quartier nord des rives du Gange est fait de petite ruelles charmantes. Ici un peu moins car en démolition/rénovation. Ce qui a sont charme aussi.
Dans ces ruelles piétonnes, où les scooters passent quand même, il y a plein de petites boutiques en tout genre.
Ca c’est un bon lassi, sorte de yahourt un peu liquide, un peu crémeux, qui est ici nature mais peut être au sirop de rose, ou salé, ou plein d’autres parfums. A Varanasi il est servi dans des gobelet en terre cuite que l’on utilise qu’une fois, ensuite ils vont à la poubelle. Pas de pollution.
Le svatiska (trouvez-le sur la photo) est présent un peu partout en Inde. Il choque l’oeil européen au début, car connu comme la croix gammée nazie. Pourtant c’est un joli symbole, à la base :

La croix gammée est un symbole que l’on trouve dans
de nombreuses cultures du monde, des civilisations précolombiennes au Japon.
En dehors des pays occidentaux,
la croix gammée est un symbole à la connotation positive. Son caractère circulaire évoquerait le mouvement du Soleil dans le ciel.
Le terme svastika est originaire du
sanskrit. Il signifie « vie heureuse » : il est associé à la chance. C’est un symbole sacré dans les grandes religions indiennes, le bouddhisme, l’hindouisme et le jaïnisme. On le trouve apposé sur les statues de nombreux dieux, notamment sur le torse de bouddhas.
Au Japon, la croix gammée, nommée
manji, peut symboliser l’énergie, l’amour, la sagesse ou la compassion. Sur les cartes de
Google Maps, le symbole 
manji permet de signaler la présence d’un temple bouddhiste.
Les ruelles sont petites, mais les vaches ont leur place partout
Je ne sais pas comment, mais l’éclairage des rues en Inde a souvent une lumière élégante, comme d’un autre monde
Varanasi est surtout une grande ville pleine de bouchons bruyants. Ici c’est encore assez calme. Mais j’y étais aussi pendant une période très fréquentée : la Kumbh Mela de Allahabad entrainait beaucoup d’Indiens à Varanasi qui n’est pas loin, l’occasion de faire les deux. C’est quoi la Kumbh Mela? Ca vient…
Varanasi est aussi appelée la ville des temples, tellement il y en a. Je ne me souviens plus le nom du plus connu et sollicité, mais il y avait devant lui une queue de plusieurs centaines de mètres pour y entrer, gardée et régulée par des policiers. Rien à voir avec la photo, ceci dit. Sur laquelle on voit deux musulmans
au milieu. En Inde les religions se côtoient et se respectent : hindouisme, bouddhisme, islam, chrétiens (dont catholicisme mais pas que)
Je n’ai visité qu’un temple, celui de Durga, une chouette expérience où un groupe est venu me remercier d’être là, alors que j’étais juste assise à regarder ce qu’il se passait autour de moi. Ceci dit j’avais un point rouge au 3ème oeil, après avoir donné de l’encens et une noix de coco à Durga.
A la gare de Varanasi. On voit de tous les métiers, de celui qui s’installe avec un pèse personne sur le trottoir pour avoir quelques pièces contre connaissance de son poids, à celui-ci qui changeait les, comment dire, les bitonios qu’on tient pour ouvrir une fermeture éclair. Quelques fois il se perd. Et bien se gars vous en remet un autre sur votre sac.
Allahabad. Dans le train m’amenant à Varanasi j’ai discuté avec un jeune indien, qui m’a appris que cette année était une année de Kumbh Mela à Allahabad. Il y a les grandes Kumbh Mela tous les 12 ans, et une plus petite intermédiaire. Donc la grande c’est dans 6 ans. N’empêche que c’est tellement important pour les indiens que même la petite est vachement grande. Pour avoir une idée, la grande a déjà atteint 70 millions de participants (sur un mois) dont 40 millions le même jour. C’est le fameux rassemblement (mela) où l’on vient se purifier dans le Gange, au moment propice désigné par la conjoncture astrale. Je vous laisse à vos recherche internet pour plus de précision 😉
Allahabad n’est pas loin de Varanasi, alors c’était pour moi l’occasion d’aller jeter un oeil à cet exceptionnel événement. J’en ai un peu bavé parce qu’Allahabad n’est vraiment pas accueillante et sympa. Mais le site de la Kumbh Mela est très accueillant et sympa. Il y règne une atmosphère de joie, c’est calme malgré la foule, on s’y sent bien.
Selfies partout
J’aime beaucoup cette photo. Elle est entrée dans l’eau solennellement et tout aussi solennellement a pris de l’eau dans ses mains et se l’ai versé sur le visage, plusieurs fois.

Les femmes se baignent toute habillée. Les hommes ont droit de se baigner en caleçon.
Les gens se changent au bord de l’eau. Derrière ce sont des hectares de tentes, de restauration. Le soir il y a des chants, les sâdhus sont là aussi. La gaité et la foi s’expriment en coeur.
A Allahabad il y avait des vendeurs de salades de lentilles germées, trop bon! C’est le paradis l’Inde, d’avoir de la bonne nourriture de qualité dans la rue.
La photo est merdique mais c’est la seule que j’ai de Prem, l’homme devant son ordi, qui m’a reçue deux semaines dans sa ferme à Banda. En fait c’est plus un centre de formation qu’une ferme, et il n’y avait rien à faire. Prem aime recevoir les voyageurs et offrir l’hospitalité. C’est bien sympa mais moi j’étais frustrée! Ceci dit, je suis quand même restée 2 semaines, pour profiter de la rencontre avec Ina, une allemande qui elle aussi à tout quitté pour voyager en Inde pendant un an. Et puis Georgio, un italien qui vit en France et qui tous les 7 ans prend une année sabbatique pour voyager. Il était donc aussi en Inde depuis presque un an. Et puis Nadette, une belge mariée à un irlandais, qui vient en Inde tous les ans, pour deux mois. De très très belles rencontres et de chouettes discussions.

Avec Prem aussi, qui est très impliqué dans la défense des paysans et la promotion des petites fermes et de l’agriculture biologique. Il est dans la même veine que Vendana Shiva et agit beaucoup localement, notamment en enseignant aux étudiants en agriculture.
Visite d’une ferme bio avec un groupe d’étudiants et Ina au premier plan
Rencontre avec un veau d’un jour
Bouse de vache qui sèche pour faire du feu
Récolte journalière de fourrage (une sorte de gros trèfle) pour les vaches
Découpage du fourrage avant de le donner aux vaches
Cours appliqué de préparation de lombricompost. La bouse de vache est aussi donnée à manger aux petits vers de terre qui la transforme en compost de qualité.
Tamisage du compost par les étudiants, pour récupérer les vers et affiner la structure
Tas de lombricompost
La ferme, qui s’appelle Human Agrarian Centre, vend du lombricompost aux particuliers, dans ces petits sacs.
La ferme produit et transforme aussi un fruit que je ne connaissais pas : l’amla. Très réputé pour ses multiples vertus, il est préparé de différentes façons. Ici on le coupe en quatre pour en faire des chutneys.
Découpage d’un amla. Instruction importante : écarter sa main avant de rabattre la lame, pour éviter les accidents
Ici des bouts d’amla sèchent après avoir été cuits puis découpés en six. Ils seront ensuite mélangés dans du sucre et mis dans des bidons. On plaisantait pas mal sur la validité des bienfaits du fruit préparé ainsi.
Maison traditionnelle en cours de construction, avec des briques de terre, puis un enduits de terre et bouse de vache.
Au cours d’un mariage musulman. C’était la saison des mariages, il y en avait tout le temps, surtout que ça dure plusieurs jours. Les femmes restent à l’intérieur, les hommes se déchainent dans la rue sur de la musique très rythmée. Parfois ils lancent des poignées de billets de banque, que les enfants et ados du village guettent pour se jeter dessus. Des pétaradent peuvent surgir, venant de chaines de gros pétards, ou carrément de carabines tirant en l’air. Globalement je n’ai pas trouvé ça très sain, ni gai.
Groupe de tambours jouant des rythmes très élevés, toujours pendant le mariage. Je préférais ça à la sono de musique électronique.
L’imam (de dos, avec la toque noire) avec la mariée (entièrement voilée de fleurs, à gauche), dans une maison où sont rassemblée toutes les femmes. Il lui dit en quoi consiste le mariage, ses obligations, etc. Puis elle signe. Ensuite il ira voir le marié, qui était dans un grand barnum, avec tous les hommes. Il lui dira aussi ses obligations etc, et il signera. Alors les mariés se rencontreront et se retireront chez eux, pendant que les invités partagent un repas. En fait ils se marient chacun de leur côté. La mariée était en larmes, et ça ne paraissait pas de joie. De peur peut-être? Le marié gérait les félicitations, on est aussi allées (Ina et moi) lui serrer la main et il nous a remercié d’être venues (on représentait Prem, mais ils étaient ravis d’avoir des étrangers de toute façon). Ce qui m’a aussi choqué c’est que pendant que l’iman parlait au marié il n’y avait aucune solennité. C’était le bordel complet, les pétards, les gens discutaient, tout le monde s’en foutait.
Les étrangers sont curieux de l’Inde, et l’Inde est curieuse des étrangers
Journée jardinage. On m’avait dit qu’il n’y avait rien à faire au jardin, mais en fait il réservait ça pour le groupe d’étudiant, qui a tout fait en deux heures.
Ils voulaient tous être pris en photo
Maison du village voisin
En promenade pour aller visiter une autre ferme
Cultures mélangées
Blé
Plants de pois chiche
Douceur du soir
La fille de la cuisinière, une très sympathique chipie
Très bel arbre, de ceux dont des racines descendent des branches pour se planter dans le sol
Ina en bleu, Georgio avec son turban orange, et le groupe d’ouvriers qui cultivent ces parcelles
Mélange de verger et culture du blé
Sur une autre ferme. Poser avec des étrangers semble être une aubaine. En Inde il est très fréquent que quelqu’un vienne nous demander de faire un selfie avec elle ou lui.
Un sadhû voyageant en éléphant
Exemple de maisons et rues indiennes. Il y a vraiment de très jolis villages, avec des petites maisons en torchis peint. Ici c’est à Khajuraho
Une foire (mela) à Khajuraho.
Pigments. La fête de Holi n’est pas loin
Khajuraho est connu pour ses beaux temples, dont certains arborent des sculptures illustrant des positions du Kamasutra. Il parait qu’à l’origine c’était pour remotiver la population à faire des enfants.
Cochon indien
J’aimais bien l’ambiance dans les temples, un peu comme à Angkor (Cambodge) et à Bagan (Myanmar). Ici ça sentait encore plus le pipi de chauve-souris
Pillage
J’ai découvert ce magnifique arbre : le flamboyant, aux belles fleur orange/rouge feu.
Ganesh, j’aime beaucoup ce dieu joyeux
Flamboyant
A l’entrée du parc national de Panna. Je me suis offert un petit safari en jeep, pour essayer de voir le tigre du Bengale. Il parait qu’on ne le voit pas à tous les coups, même s’il y a 40 individus dans le parc. Il n’y a qu’au petit matin et à la tombée du jour qu’on peut le voir. Il chasse la nuit, il dort le jour. On est donc venu me chercher à 5h du mat à l’hôtel. Je me suis dit qu’au moins je verrai de la Nature, j’en avais besoin.
Bon, en fait 5 minutes plus tard on rencontrait une belle femelle. Dans ces cas là, entre profiter de la rencontre ou prendre des photos, on ne sait plus quoi faire. Elle s’est dirigée vers les voitures, est passée devant et a continué. On a foncé pour rejoindre une autre route, qu’elle a à nouveau traversé. Trop facile. Mais quelle rencontre! Quelle présence! Inoubliable.
A un moment elle a fait un Grrrrrr agacé. Mais on ne risque rien, elle a finit la chasse.
Elle fait partie des 9 individus qui ont un GPS autour du coup. Je me suis dis « ah ouais, ok, en fait c’est des conneries de dire que c’est difficile d’en voir, ils les repèrent au GPS ». Mais en fait non, ce n’est pas si simple. Le GPS a en effet permis de la repérer, pas sur un écran mais via une sorte de capteur qui localise la direction des signaux. Une équipe s’amuse à essayer de repérer dans quelle direction il peut y avoir un tigre. Et quand ils ont un signale elle téléphone à des guides, qui passent le mot. Mon guide a eu le coup de fil de suite et on a foncé. Mais c’est très aléatoire, les tigres ne sont pas forcément dans des zones où il y a des pistes pour les jeeps, et les signaux ne sont pas faciles à repérer de cette façon. De plus, j’ai rencontré d’autres personnes dont pas mal d’indiens qui m’ont dit avoir été dans ce parc sans avoir pu apercevoir de tigre. J’ai vraiment eu de la chance.
Bye
Les jeeps
La forêt. Dans le parc il y a aussi des léopards et autres gros félins (je n’ai pas tout compris)
La tache noire au milieu c’est le cul d’un ours lippu. On l’a entendu gronder agressivement, probablement quand la tigresse passait à proximité
J’ai vu 4 espèces de cervidés pendant ma visite. Il y en avait pas mal. Celle-là n’est pas mangée par le tigre.
Cette petite espèce non plus
Perroquets verts
Celle-là non plus
Rivière Ken, magnifique. J’y ai vu un gros crocodile nager tranquillement (aux jumelles)
En Inde les paons sont des oiseaux sauvage, on voit ici un mal s’approcher de l’eau. Ceci dit on en voit de près un peu partout, c’est très commun
Ca faisait un peu savane. J’ai vraiment adoré cette visite, l’odeur de l’air, l’ambiance assez sauvage.
C’est cette espèce que le tigre chasse
Visite d’une magnifique cascade, à la saison sèche
Il y a un très vieux temple sur la droite, allons-y
Rien que le trajet en jeep, cheveu au vent, dans la belle campagne agricole aux blés murissant, j’ai aimé
J’adore cette photo. Pour la petite dame à droite. Vous sentez aussi sa belle énergie?

J’ai pris le train pour Orchha. C’était un train sans réservation, ce sont les moins confortables et ceux qui sont le plus souvent en retard (mais c’est très très peu cher). Il est arrivé avec 4h de retard, et en a pris encore pendant le trajet. J’ai trouvé une place assise assez rapidement, au milieu de gens très modestes, dont aucun ne parlait anglais. Et j’ai vécu des heures incroyables. Depuis les regards méfiant et suspicieux, jusqu’aux sourires chaleureux et aux cadeaux. Entre les deux beaucoup de discussions entre eux, en me montrant de la main. Je ne comprenais rien, j’essayais de garder un visage neutre pour ne pas alimenter dans un sens ou dans l’autre. Si j’ai bien compris, celui en face de moi (qui n’avait pas l’air drôle à la base), a pris ma défense avec des explications genre « les étrangers apportent de l’argent dans le pays, paient des tuktuks, des restaurants, des hôtels, ils achètent des chaï et des samousas, brefs, sans eux ce serait encore plus la merde » (je résume). Je crois qu’il a été convainquant et qu’ensuite on me souriait. Sauf la petite dame là. Elle, elle m’a sourit tout de suite, sans rien dire et rien demander. Nos regards se comprenaient ; je ne saurais dire sur quoi, mais on s’aimait. C’est sa voisine qui a demandé de les prendre en photo, après la discussion. Et après que je l’ai prise elle m’a tendu la main pour de l’argent : les autres ont bondi, les uns me disant de ne pas donner et les autres en lui passant un savon.

Quelque fois on est au centre d’un film et on ne sais pas ce qu’on y représente.
Un grand beau vieux palais fortifié à Orchha
Je suis arrivée un jour de foire (mela)
Petite maison traditionnelle
Elégant couple au palais
Peintures murales dans le vieux palais (je m’y suis promenée avec plaisir, mais me suis peu intéressée à l’histoire)
Vie de la rue
Le vieux palais (désolée du mauvais ordre des photos)
Vue depuis mon resto préféré
Belle campagne, avec des blés jaunissant
Ancien jardin du palais
Au loin un autre monument, je ne sais pas si c’est un temple ou un palais, mais il est beau. On le verra mieux tout à l’heure, au bord de la rivière
Autres peintures murales, très belles
Dans un vieux temple, ou je me suis laissée guider par un sourd un peu handicapé mental. On a grimpé dans les étages, et en le suivant dans les petits escaliers sombres j’avais un peu l’impression de suivre le quasimodo du lieu!
Il me disait quoi prendre en photo, et me prenait mon appareil de temps en temps pour prendre aussi des photos
Vue sur le vieux palais
Vue sur la ville depuis le toit
Mon guide
Un autre temple, à la sortie du village
Où je découvre que Sherlock Homes a vécu il y a très longtemps, en Inde
L’air était doux, sentait bon, était calme…
Je me suis assise face à ce paysage, tellement il m’émouvait
Les larmes coulaient. J’étais dans le présent, et pourtant les sensations me ramenaient en arrière, dans la campagne de mes grands-parents, quand il y avait encore des gens dans les champs, quand la moisson était une apothéose, un dur labeur et une grande fête. Quand il y avait encore des oiseaux et des insectes, des fleurs sauvages et des arbres.
C’est tellement beau et doux une campagne en bonne santé
La pleine lune. Demain c’est Holi, la fête des couleurs, la fête de l’été qui commence (pas de printemps en Inde)
Un jeune gars de 19 ans m’a emmené passer la matinée avec lui, et j’ai découvert comment se fêtait Holi à Orchha. Ce sont surtout les enfants et les jeunes hommes qui s’éclatent, ces derniers sur de la musique électro à fond.
Seule femme que j’ai vu avec de la couleur partout (à part moi)
Autre groupe déluré
Vers midi ça se calme
Même les vaches ont eu leurs couleurs
Et les chiens
Je suis restée une semaine à Orchha, c’était simple, beau et tranquille
Il y a un perroquet sur ce bout de temple
Les gens viennent se baigner à la rivière. Je ne l’ai pas fait, parce que les femmes se baignent toute habillées et j’ai horreur de ça. Et pas envie de me faire encore plus remarquer en me mettant en maillot.
J’aime bien l’entrée de cette maison
Traditionnellement les maisons se font un parvis couvert de bouse de vache. Pour les grandes occasions, telle fête, telle célébration, les femmes y dessinent aussi des motifs avec des fleurs et/ou des grains de riz.
Assise au bord de l’eau j’ai entendu du bruit au-dessus de ma tête et ai vu le cul d’un singe
Aurevoir Orchha
Bonjour Hampi. Après 36h de train je suis arrivée dans la partie sud de l’Inde, dans cet autre village connu pour ses temples magnifiques et ses paysages rocailleux
ici, des rizières
Drôle de plante au premier plan
Plants de riz
Ca fait un peu péplum comme ambiance
Bananeraies
Dans le temple principale, en activité, il y a une éléphante. Son gardien la mène à la rivière tous les matins et tous les soirs ; un beau spectacle de joie éléphantesque (dans l’eau).
Ce jour-là j’ai raté le spectacle, ils retournent déjà au temple
Cette fois-ci je les ai attendu au bord de l’eau
Dans le temple en activité. Il y a plein de singes, et ça ne sent pas bon, sauf près des brins d’encens
Un de ces fameux arbres dont des racines descendent des branches. Ici les gens y attachent des trucs, une sorte de rituel dont je ne connais pas le sens
Un thali, plat classique indien, qui consiste en du riz, au moins deux accompagnements (ici il y en a quatre) et en général au moins deux chapatis (galette de blé). Ici il y a en plus du yaourt et des chutneys. Ce thali est végétarien, mais vous pouvez demander de la viande en accompagnement aussi. C’est un de mes repas préférés. Celui-là était particulièrement beau et bon
Om Beach, à Gokarna. Une semaine avant la fin de mon visa j’ai voulu finir mon séjour sous les tropiques par de la plage, des bains de mer, de la farniente et des bains de soleil. Pour pouvoir se mettre en maillot de bain sans choquer ni me faire remarquer, il fallait aller dans un endroit touristique. Gokarna était un chouette endroit, parce que moins touristique que Goa, et en plus c’était la fin de la saison (car arrivée des grosses chaleurs) et du coup c’était vraiment tranquille. J’ai ADORE.
Vendeuse de fruits sur la plage
Mais… mais… qu’est-ce qu’il fait là lui?

Gokarna est aussi un lieu où de nombreux indiens viennent au temple. Après le temple ils vont se baigner sur la plage du village, qui est bordée d’échoppes pour ces touristes indiens, et d’activités telles que balade en dromadaire.
Petite mangrove naissante
Gayétri, qui a bien fini par me faire acheter des trucs, à force de venir s’assoir tous les jours au bord de ma serviette
Bombay, mais maintenant on dit Mumbai
Une des gares, copie conforme de la même à Londres (j’ai la flemme de rechercher les noms)
Dans la gare
La plus grande blanchisserie du monde. Ou plutôt le quartier des blanchisseurs. 4000 personnes y travaillent, lavant le linge des hôpitaux, des hôtels, des particuliers, etc.
Pour faire bouillir le linge des hôpitaux
Personnes livrant les déjeuners des gens. Tout un réseau organisé pour aller prendre le déjeuner que maman ou chérie ou autre a préparé pour vous à la maison, et on vous le livre au boulot. Le centre de Mumbai est tellement cher pour les locaux que c’est plus économique de faire comme ça (800-1000 roupies par mois, soit 10-12 euros)
Il y a écrit « organic » sur une pancarte!
La mairie, je crois
Port de pêche. Je n’ai jamais senti un port de pêche puer autant le poisson pourri
Ailleurs et aux autres horaires on croise ces véhicules

THE END

3 thoughts on “L’Inde…

  1. Isabelle Le Roux

    Merci Maryvonne! j’ai beaucoup aimé ce « reportage » sur l’Inde, ton discourt teinté de philosophie me parle vraiment. De belles photos aussi, je ne savais pas du tout comment se présentait un plan de pois chiches! Je t’embrasse fort, à bientôt!

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