Reprendre la route

Reprendre la route, après Angkor avec Hélène, après l’eau transparente des îles cambodgiennes, après les vacances dans le voyage.

Aller à Phnom Penh ne me disait rien. Mais, cherchant toujours à résoudre mes douleurs d’épaule/bras gauche, j’avais repéré un cabinet de chiropracteurs dans la capitale. La mémoire du bien que m’avaient fait plusieurs séances à la suite lors de mon séjour à Lima, au Pérou, me poussait à renouveler l’expérience. Alors j’ai pris contact avec ce cabinet, tenu par un français et un américain, tous deux formés aux Etats-Unis. Par contre, j’avais un mauvais souvenir d’un autre chiropracteur américain consulté à Guayaquil en Equateur, avec qui je n’avais pas eu de mieux, et plutôt du pire. Ca n’avait sans doute rien à voir. J’ai pris le bus avec beaucoup d’espoir parce que, outre l’inconfort occasionné, les douleurs m’empêchaient de faire des grandes randos et du volontariat. Et même du couchsurfing, parce que je ne pouvais pas passer toute mes journées à vadrouiller dehors. Autrement dit, ça me coupait de ce qui me plait le plus.
Il est très facile de voyager en Asie, surtout d’un lieu touristique à un autre. J’avais pris mon billet pour Phnom Penh dans une petite agence de Koh Rong Samloem et n’avais plus qu’à me laisser transporter : le bateau, la navette jusqu’au bus, le bus, tout était compris. Quand on est sur le continent, en général une navette vient nous chercher à l’hôtel pour nous mener au bus.

 

J’ai été agréablement surprise par Phnom Penh. Comme Bangkok, c’est une succession de quartiers, avec leur vie de quartier, des vendeurs de rue partout, des tuktuks, des marchés, des petites boutiques en tout genre. Je n’étais pas loin du centre où sont la majorité des touristes, l’ambiance était donc plus tournée vers ce business. Pas mal de restaurants faisant pizzas, burgers, et des restaurants d’ailleurs (indien, libanais, etc). Beaucoup de voyageurs ne peuvent se défaire de leur pain, pizza et autres plats qu’ils ont l’habitude de manger. La curiosité culinaire est peu répandue, d’autant plus que beaucoup se méfient de tout ce qui est local par peur de la tourista. Il n’y a pas tant que ça de personnes à goûter la cuisine de rue, alors que je pense que c’est la moins risquée : ils ne travaillent qu’avec du frais et tournent en permanence. L’auberge de jeunesse était très sympa, le dortoir très confortable, donc j’ai passé un bon séjour contrairement à mes a priori.

Première rencontre avec le Mekong, mais pas la dernière …

Pas mal d’arbres dans le centre-ville de Phnom Penh

Les tuktuks cambodgiens sont particulièrement jolis

Je n’ai pas fait beaucoup de tourisme pur, hormis l’incontournable musée S21 et le Killing field, vestiges de la tragique histoire du Cambodge. S21 est un ancien lycée qui a été réquisitionné et transformé en centre de détention et de torture pendant les quatre années d’occupation par les Kmers rouges. Les visiteurs déambulent avec des audioguides qui expliquent l’histoire et ce qu’il se passait dans telle ou telle pièce. Il y a des photos et des objets de cette époque. Tout cela rappelle le phénomène nazi en Allemagne, même si les motivations étaient différentes. La raison d’être de toutes ces horreurs était la paranoïa d’un gouvernement ne voulant aucun adversaire et aucune contestation. Tout suspect ou toute personne potentiellement suspecte d’oeuvrer, de parler ou d’aider une personne contre le pouvoir en place était arrêtée, torturée pour lui faire avouer et donner d’autres noms, puis exécutée. Il y avait plusieurs de ces centres dispersés dans tout le Cambodge, cachés ; leur existence était gardée secrète. Leur horreur a été découverte à la libération du pays.
A Phnom Penh, les exécutions avaient lieu en masse sur un autre site à 10km de là, nommé Killing field. En plus de la population, les enfants de tout âge étaient également tués. Après la chute des kmers rouges ceux qui ont découvert les lieux ont découvert des fosses emplies de corps. Une était emplie de corps de petits enfants. A côté un arbre dont le tronc était couvert de sang et de bout de cervelle ; les enfants avaient été pris par les chevilles et leur tête fracassée sur le tronc de l’arbre. Ca donne une idée de l’horreur et de la folie de ces gens.
Et honte sur nos pays. Car si après quatre ans de carnage les kmers rouges ont dû fuir le pays en 1979, poussés dehors par les vietnamiens, les pays européens ont continué à considérer Pol Pot comme le dirigeant officiel du Cambodge jusqu’en 1992. Alors en exil en Thaïlande, Pol pot et ses collègues ont continué à siéger à l’ONU et à avoir le soutien des pays occidentaux. Pourquoi ? Pour ne pas reconnaître le gouvernement mis en place par les vietnamiens. Déjà fortement traumatisé par ce qu’il s’est passé pendant quatre ans (3 millions de morts sur les 8 millions d’habitants), le pays s’est trouvé isolé et pas vraiment aidé pendant plus de 10 ans par la suite. Autant vous dire que ça se ressent toujours. Le Cambodge vit encore avec ses fantômes, aucune famille n’est épargnée, et c’est un des pays les plus pauvres du monde.
Je n’ai aucune photo de ces lieux, je n’ai même pas pensé à en prendre. Ils n’inspiraient pas ça, ils nous happent dans un face à face terrible avec l’humanité, une facette de l’humanité, dont nous faisons partie. Et ce n’est qu’un pays, qu’une histoire. Et il y a toujours des horreurs tues actuellement dans le monde, sur lesquelles on se voile la face. Et avec le temps on fera de nouveaux musées, pour se rappeler, pour dire « c’est atroce », et pour dire et redire et reredire « plus jamais ça ». Si seulement ça pouvait se réaliser, en jour.

Pagode (Temple bouddhiste)

Offrandes et rituels. L’encens des temples bouddhistes, en Asie du Sud-Est, sent vraiment très très bon. Une odeur plus douce et réconfortante que les encens Indiens, qui prennent un peu la tête parfois.

Au Central Market

Poissons, crevettes et larves de poissons séchées

Poissons et coquillages vivants

Petites coques vendues dans la rue comme street food. Apparemment très appréciées, on croise ça dans tous le pays. Je n’ai pas essayé.

A Phnom Penh j’ai aussi eu une sale affaire : trois faux billets de 100$ sur cinq donnés par un guichet automatique. Je ne vais pas développer, parce que je n’aime pas retourner là-dedans. Surtout du fait de la façon dont la banque en question a traité l’affaire, ainsi qu’avec un autre couple d’allemands à qui il était arrivé la même chose. Ils nous ont pris pour des cons, nous expliquant que ça ne venait pas du guichet, qu’ils avaient été échangés après. Racontant même qu’ils ont été substitués pendant la nuit dans nos chambres. N’importe quoi. Ils n’avaient qu’une chose à dire : vous n’avez aucune preuve. Là je suis d’accord avec eux, et on peut mettre un point barre. Mais nous raconter des conneries avec toutes les formes de politesse, c’était juste écoeurant. . J’ai hésité à lutter comme le fait Sabine (l’allemande, avec qui je suis toujours en contact), mais ce serait lutter pour le principe, sans espoir de récupérer l’argent de toute façon. Et j’ai décidé que tout ça m’avait fait assez mal, que je ne voulais pas continuer à me faire du mal en m’auto-pourrissant la vie de rancoeur. C’est derrière, je ne veux plus y penser. La vie me donnera par ailleurs, ou m’a donné par ailleurs avant, tout ça n’est que flux, mouvement, ça va ça vient, je laisse couler. Je suis claire avec moi-même.

Et puis j’ai donc eu des séances de chiropractie, quatre, avec l’américain. Et bien, je confirme que l’école américaine est plutôt nulle. Parce que je n’ai pas eu de mieux. Particularités que j’ai remarqué sur leur pratique : ils ne me réajustent jamais les dorsales, uniquement les cervicales, et ils utilisent toute une panoplie d’appareils et machines annexes. J’ai ainsi eu des électrodes, des ultrasons, des vibrations, des micro-chocs, … c’est sur ça fait très pro comme ça, mais ça ne sert à rien. Je n’allais pas insister, je voulais avancer, surtout que 5 jours de grande ville ça commence à faire beaucoup.

Où que je sois, c’est toujours un bonheur de pouvoir boire une eau de coco fraîche par jour. Désaltérant, reminéralisant, bon pour le système digestif, ça améliore la santé.

Night market pas loin de l’hôtel, où j’allais tous les soir

Plein de stands de nourriture autour de la place, on met ce qu’on veut dans un panier et on est servi après préparation

Crêpes cambodgiennes

Que disait mon cœur ? Aller dans l’Est du pays voir des éléphants, puis remonter vers le Laos.

Allons-y. Inch Allah pour mon bras. J’étais à nouveau déçue et un peu morose des événements. J’avais soif de Nature et de bienveillance. Dans les lieux touristiques on se fait beaucoup interpellée pour nous proposer ceci-cela. Quelque fois ça commence par une discussion sympa, et puis ça arrive souvent à une sollicitation d’achat ou de prestation. C’est fatiguant de toujours devoir se méfier. Quand quelqu’un de sympa vient me parler, il faut un temps pour savoir ce qu’il veut ; il y a embrouille derrière où c’est vraiment juste pour discuter et partager un moment ? Les deux existent, mais dans les lieux touristiques on vient parler à notre porte-monnaie dans 80% des cas. Autre bonne raison de sortir des sentiers battus ; les relations y sont … des relations.

C’est en discutant avec un autre voyageur sur un groupe Facebook que j’avais su que dans la région de Mondulkiri il y avait deux fermes qui hébergeaient des éléphants récupérés des travaux forcés et qu’on pouvait les visiter par petits groupes pour passer un peu de temps avec eux. Ca me faisait rêver de rencontrer un éléphant. Bien sûr ils sont domestiqués, ils l’ont été pour faire des travaux de traction et de portage, que ce soit de matériel ou de personnes. Mais ils n’ont plus à travailler maintenant.
J’avais réservé dans un resort (hotel dont dont les chambres sont des bungalows). Après la grande ville je voulais du calme et une chambre privée. J’ai été servie pour le calme : j’ai eu la chambre la plus haut perchée de l’hôtel ! C’était vraiment rigolo et chouette d’être là-haut. Les nuits étaient fraîches en plus, car on était aussi plus haut en altitude, et c’était génial de retrouver la sensation de se protéger du froid sous une couette. Ca fait bien dormir.
Le soir de mon arrivée j’ai dîné avec quatre autres français super sympas. Ils avaient fait la visite des éléphants dans la journée et m’ont bien motivée pour le lendemain. On se parlait comme si on se connaissait bien, je me sentais bien avec eux, c’était super agréable. Et j’ai beaucoup ri, notamment avec Emmanuelle, venue visiter sa fille qui finissait 7 mois de volontariat au Cambodge. Elle a fêté ses 50 ans le 2 janvier à Phnom Penh en allant manger des mygales et du steak aux fourmis rouges. Et elle avait rencontré l’autre couple très sympa pendant la journée, dont Elle s’appelait aussi Emmanuelle et était née le 2 janvier, un an avant. On reste en contact et j’espère pouvoir leur rendre visite à mon retour en France.

Ma chambre

Il y a un gros gecko qui vous observe depuis ce ventilateur (dans les toilettes)

Le lendemain je suis donc allée en visite des éléphants. Comme tout Tour touristique on vient nous chercher directement à l’hôtel. Nous n’étions pas nombreux, contrairement à la veille, ça allait être encore mieux. Il y avait deux jeunes français qui finissaient leur école d’ingénieur (dont un par un stage au Cambodge) et un jeune couple hollando-australien. Sur place, après une petite marche de 30 minutes dans la campagne, nous avons rejoint trois américains qui avaient fait la visite la veille et étaient restés passer la nuit.
Nous étions accompagné d’un guide pour nous donner toutes les explications que l’on voulait. Ce gars était un sacré phénomène ; très vif et drôle, parlant plusieurs langues, rebondissant sur tout pour faire un jeu de mot, une blague ou placer une chanson. Ils nous a impressionné par toutes les chansons qu’il connaissait, aussi bien en étatsunien qu’en français. C’était drôle de le voir chanter du Serge Lama, du Jo Dassin, du Johnny Halliday et j’en passe, au milieu de la brousse cambodgienne. Comment il connait tout ça ? Par les touristes, et ensuite il creuse et apprend les chansons grâce à internet.

Dommage que la marche n’était pas plus longue, j’avais envie d’exercice et de balade dans la Nature

Le guide

La ferme produit des noix de cajou, dont voici les arbres

Noix de cajou dans leur bogue

Avec lui nous avons découpé des morceaux de canne à sucre et sommes allés à la rencontre des pachydermes. Un moment impressionnant. Chacun d’eux à un … je ne sais pas comment on dit, un guideur ? Un gars qui garde un œil pour que ça se passe bien. Les guideurs ont mené les éléphants vers la zone où nous les avons rencontré. Ils ont gardé des restes de leur dressage et notamment que les coups ça fait mal ; les guideurs n’ont qu’à tapoter l’éléphant sur la patte ou un flan pour lui donner une instruction. Les guideurs restent en retrait, et les éléphants faisant le show tous les jours marchent droit sur nous (mais calmement) pour choper des bouts de canne à sucre. Et ils sont avides, à peine mis un dans la bouche qu’ils retendent la trompe pour en choper un autre. Il y avait cinq éléphants, essentiellement des femelles il me semble. Une était particulièrement grande.

Les travaux forcés ne sont pas spécialement difficiles pour eux. Ce qui est terrible c’est d’abord le dressage pour les amener à être docile et faire ce qu’on leur demande. Ce n’est pas fait dans la douceur. Ensuite, une fois opérationnels et dociles, la torture continue parce qu’on les fait travailler toute la journée. Or, un éléphant c’est herbivore et pour avoir son compte de nourriture ça mange pendant six heures par jour. En travaillant ils sont donc sous-nourris. Et un éléphant sous-nourri ça ne dort pas bien. Et comme ça ne dort normalement que deux heures par nuit, et bien au total c’est quasiment pas de sommeil. L’espérance de vie d’un éléphant qui travaille ainsi passe à 40 ans au lieu des 120 ans espérés pour ceux qui vivent normalement.
Dans les refuges comme celui visité ils sont d’abord soignés puis ils peuvent déambuler comme ils veulent et se nourrir dans la forêt. Je ne sais pas comment-pourquoi ils restent à la ferme : habitude de l’homme ? Facilité d’avoir de la nourriture en plus et des bonbons deux fois par jours avec les visiteurs ? Parqués malgré tout pendant la nuit ? Je n’ai pas posé la question, pas pensé sur le coup.
Une ferme ne peut pas avoir beaucoup d’éléphants, parce que ça mange énormément et ça peut revenir cher. Ce genre de projet est plaisant et séduit les visiteurs comme moi qui veulent rencontrer un éléphant sans leur faire du mal. Oui mais, oui mais. Est-ce que ces exigences mêmes de visiter des refuges où les animaux ne sont pas contraints ne peuvent pas entraîner une nouvelle exploitation soft de ces dits animaux ? Se pourrait-il que la domestication continue uniquement pour pouvoir faire des exhibitions comme celle-ci ?
Je ne sais pas.
J’aurais préféré voir des éléphants sauvages, mais c’est beaucoup plus risqué, et je n’ai pas vu de telle proposition dans les offres des agences. Il y en a 200 je crois dans la région de Mondulkiri, et 50 domestiqués.

Bref.

Cuisine de la famille vivant sur place

Présentation d’un alcool fait maison

Après la séquence canne à sucre les éléphants sont repartis dans la forêt et nous vers la ferme où nous attendait une délicieux déjeuner locale. Nous avons bien passé trois heures à discuter, rigoler avec le guide et faire la sieste. Ensuite c’était l’heure de la séquence bain des éléphants, avec qui on pouvait se baigner également. Là, ce sont des bananes qu’on nous a pris pour leur donner. Apparemment, l’aspect récompense à un rôle à jouer dans le bon déroulement des choses. Mais il faut dire que le premier réflexe qu’ont beaucoup de gens quand ils rencontrent un animal, humain compris, c’est de lui donner un truc à manger.  Je n’ai pas trop ce reflex. Avec mes ânes non plus je n’avais pas mis nos relations dépendantes du don de nourriture. En dehors des repas j’entends. Quand on travaillait ensemble, je leur montrais ma joie et ma reconnaissance quand ils travaillaient bien. Je n’aime pas l’idée de leur donner un bout de carotte toutes les 10 minutes comme motivation. Et du coup, c’était encore plus fort ces moments ; on coopérait. Je garderai toujours un souvenir (j’en ai les larmes qui montent) très ému de ce qu’un âne est capable de donner en effort et persévérance, juste par coopération. Bon, pas tous les jours, quelques fois ils tirent au flan, fallait pas trop leur en demander. Mais quand ils étaient volontaires et courageux par eux-même, waouh, quel cadeau. Je m’éloigne du sujet mais pas vraiment. Je n’ai jamais eu de relation aussi étroite et aussi… fraternelles avec d’autres animaux qu’avec les ânes. Ceux que j’ai eu la chance d’avoir avec moi (quatre) et ceux que j’ai croisé quand je me suis formée à les connaître et travailler avec eux.
Ceci dit, avec les éléphants auxquels je n’y connais rien, j’étais bien contente de leur donner des bananes pour engager la conversation.

Je me suis mise à l’eau aussi, et quand je n’avais plus de banane à donner j’ai aider les guideurs à asperger le dos et les flans des éléphants. Honnêtement, les éléphants ont l’air de s’en foutre pas mal. Contrairement aux ânes ils n’ont aucune curiosité pour les humains ; vu leur passé ça se comprend. Il n’y a pas une de réelle interaction, de regard croisé. Mais rien que leur présence majestueuse et les observer était vraiment chouette.

Le guide et les deux jeunes français

Ca gratte

Ensuite nous avons repris le chemin vers le minibus. On a marché lentement parce que parmi les trois américains il y avait un monsieur de 78 ans qui marchait lentement avec peu d’équilibre. Je trouvais admirable de voir son courage pour continuer de voyager, dans des conditions pas toujours facile. En fait, il s’est avéré que nous logions dans le même hôtel, et le soir nous avons dîné ensemble. Il y avait un couple de Virginie et lui, vivant en Floride. Mais c’était un ancien professeur qui a beaucoup voyagé et a enseigné dans de nombreux pays. Sa spécialité ? L’islam, son histoire, ses variantes. Super intéressant. Ces trois amis visitaient le Cambodge sur un mois et étaient dans la première quinzaine de leur séjour. Sur ces deux premières semaines ils étaient accompagnés d’un guide cambodgien qui leur faisait découvrir plusieurs endroits. Ca avait l’air chouette parce que du coup ils avaient des portes ouvertes sur divers aspects de la culture locale et n’avaient rien à s’occuper pendant deux semaines. Ceci par le biais d’une association locale, tout ce qu’il a de plus équitable. Les dernières semaines ils seraient plus au fait des us et coutumes et compléteraient leurs découvertes selon leurs envies.
Ils ont été étonnés et ravis d’entendre mon histoire, comme celles des deux jeunes ingénieurs auparavant dans la journée, et Simon le professeur répétait plusieurs fois « ce n’est pas dans les hôtels 5 étoiles que l’on rencontre des gens intéressant comme ça ! ».

Le lendemain je voulais rester me reposer, continuer à écrire l’article en cours, mais aussi aller me renseigner sur une pancarte que j’ai vu en ville : therapeutic massage. Cling ! La loupiote espoir qui se rallume. Sur place j’ai rencontré un occidental qui a commencé à me donner des explications, je l’ai coupé parce que son accent était familier : il était suisse francophone ! Aaaahh, c’est quand même plus facile de s’exprimer en français.
Là, je suis donc tombée sur une autre sorte de thérapeute, dont j’avais entendu parler dans le milieu alternativo-spirituo-écologique : ni ostéopathe, ni chiropracteur, il remet la colonne en place et notamment la fameuse vertèbre atlas, la première, que pratiquement tout le monde a de traviole depuis la naissance et que du coup c’est normal que rien ne va. L’atlas, c’est un peu la clef de voute ; si elle est mal placée tout le reste bouge et ne reste pas en place. Le truc est de tout remettre en place, puis remettre l’atlas, et ensuite rien ne bouge, sauf gros choc genre accident de voiture.
Ah ben voilà, c’est sûr, j’ai trouvé la source du problème !
Il a passé plus d’un heure pour : rectifier ma légère scoliose (je ne savais pas que ça se remettait en place), remettre mes hanches à l’horizontale (j’avais un écart de 0,5 cm, donc une jambe plus courte que l’autre), idem pour mes épaules pas au même niveau, rectifier mes dorsales et cervicales mal placées, et pour finir remettre l’atlas en place. Et bien après tout ça j’avais un autre corps. Si, je vous assure, c’était génial. Je me tenais droite, mes épaules n’allaient plus vers l’avant, du coup je respirais mieux, je me sentais bien campée sur mes jambes : fabuleux.
Ce thérapeute était marié avec une cambodgienne (rencontrée en France, c’est ensuite qu’ils sont revenus dans son pays à elle) et a été un « grand professeur » en la matière en Suisse. Il m’a raconté avoir essayé de s’installer en France en créant un cabinet et un centre de formation comme il en avait eu en Suisse, mais impossible. C’est toujours la même histoire en France, la corpo des kiné fait pression pour garder le monopole des soins structurels, même s’ils sont loin d’avoir toutes les compétences et connaissances. C’est pour ça que les ostéopathes ont eu du mal à se faire reconnaître (et ce n’est pas complètement fait), que les masseurs doivent préciser masseur bien-être (pour dire qu’on fait du fun et pas du soin), et que la remise de l’atlas est une pratique purement et simplement interdite en France, au motif que c’est trop dangereux (alors que c’est juste que les kiné n’apprennent pas à le faire). Du grand n’importe quoi à la française.
Bref.
Maintenant ils sont installés au Cambodge et ont créé une association pour aider les enfants, leur apporter éducation et protection contre le commerce sexuel, bien présent dans le pays, peut-être plus qu’en Thaïlande. Très croyant, ce practicien travaille en collaboration non pas avec un âne mais avec Jésus. Du coup quand il arrivait à remettre un truc en place il disait « merci Jésus » et moi aussi du coup parce que s’il est de la partie autant le remercier. Autre avantage de la séance, je ne sentais plus de douleur. Alélluhia, la rédemption, la libération, la santé, la vie quoi !

Avec tout ça, il était temps de quitter le pays et de rejoindre le fameux et beau Laos, dont le nom sonne tout doux comme un riz gluant.

Le lendemain j’ai pris un bus pour Krong Strung Treng (à mes souhaits), ville juste avant la frontière, d’où partent des bus pour le Laos et en particulier les 4000 îles. Ce lieu, connu des circuits touristiques, semblait vraiment prometteur. Je pensais y arriver dans la journée, ce qui vu la distance était théoriquement faisable, et j’avais réservé une chambre. Dans le bus j’ai fait la connaissance de mon voisin, un breton de Camaret ! Ah que ça fait du bien de parler pays, presque avec l’accent. C’était un journaliste pour une agence de presse qui s’occupe des sujets internationaux, et il était au Cambodge pour couvrir le trail de Siem Reap qui avait lieu une semaine plus tard. C’était la deuxième année qu’il le couvrait et il en profitait pour visiter un peu avant et après l’événement. On n’allait pas au même endroit et j’ai changé de bus en cours de route.
En arrivant à Krong Strung Treng, plus tard que prévu, j’ai appris que le dernier bus partait à 14h. Il n’y a que trois départ : 10h, 12h30 et 14h. Zut. Le chauffeur de tuktuk qui m’expliquait ça avait comme par hasard des chambres à louer, privatives avec salle de bain, et pouvait me vendre le billet pour le lendemain. Ca semblait trop beau, genre il y a entourloupe à l’horizon. Mais j’étais fatiguée et ai joué la confiance, et c’est en général dans ces moments là que je me fais avoir d’une façon ou d’une autre. Et ben je dois dire que j’ai été impressionnée par l’accueil et les services, sans entourloupe. J’avais même l’impression que c’est moi qui abusais. Une belle grande chambre avec salle de bain et ventilateur pour 5 euros, avec le transport en tuktuk gratuit, idem pour m’amener au bus le lendemain, bicyclette à disposition gratuitement, et il m’a même offert un truc chinois à manger avant mon départ. Incroyable. Ca me réconciliait avec la situation. Par contre, j’avais à nouveau mal au bras/épaule, naaannn… pffff, je dois somatiser, c’est pas possible. Même si les périodes de déplacements n’aident pas car je charge et décharge mon sac à dos plusieurs fois dans la journée.

Le lendemain je suis arrivée aux 4000 îles sans logement prévu, et en fait c’est le mieux qu’il y a à faire parce que sur place c’est moins cher que via le site Booking.com. J’ai ainsi logé dans un bungalow avec salle de bain, pour 5 euros la nuit. Et j’ai passé un séjour vraiment génial, avec juste un gros défaut : il était trop court. J’aurais du rester plus longtemps. Quand je pense à l’Asie, si on me demande « où veux-tu retourner ? », c’est aux 4000 îles.
Il s’agit d’une région du Mekong, assez large, avec plein d’îles et îlots (moins que 4000 quand même) dont très peu sont habités. Les touristes vont essentiellement sur Don Det et Don Khon, dont la première est connue pour être festive. On peut y voir des dauphins, et une des plus grosse chute d’eau d’Asie. Ce n’est pas la plus haute ni la plus large, mais celle qui a le plus grand débit. Les îles sont plates et couvertes de rizières, qui à cette saison étaient sèches. Le décor était donc dans les jaunes/ocres et flamboyait aux levers et couchers du soleil. Le fleuve est parcouru de barques à moteur qui peuvent aller très très vite, c’est surprenant. Les paysages sont splendides et l’ambiance calme, sauf si on est dans une zone festive. Oui, je me suis encore énervée toute seule en entendant de la musique techno à fond, enveloppant et altérant la beauté du lieu et du moment, et de voir qu’elle provenait d’un hôtel où les jeunes clients buvaient bières et cocktails autour et dans la piscine. Et à côté, les cahutes de familles locales, qui reçoivent ces sons et ces images impudiques, dans leur quotidien et leur culture discrète et respectueuse. Je trouvais ça écoeurant.
Mais je ne logeais pas dans cette zone, et ailleurs c’était vraiment chouette. Ca me manque.

Je raconte peu, je mets plein de photos qui parlent d’elles-mêmes :

En allant vers les îles, sur le Mekong

Les maisons sont toute sur pilotis, adaptées aux fluctuations du fleuve

Vue depuis le chemin près de mon bungalow

Rue dans le village de Don Det. Vous ne trouverez pas plus grande route aux 4000 îles

Chemin, sur lequel il est bien agréable de cheminer

Cochon attaché

Cochon promené

Beaucoup de maisons ont des petits jardins en jardinière, pour les herbes et salades

Toutes les familles pratiquent la pêche, au moins vivrière. On voit hommes et jeunes garçons lancer filet ou hameçon tout autour des îlots.

Des buffles vadrouillent en liberté un peu partout

Depuis le pont, construit par les français, qui joint Don Det à Don Khon

Depuis le pont, de l’autre côté

Aux 4000 îles j’ai mangé les meilleures salades de papaye que j’ai croisé dans toute l’Asie. Les pires seront dans le même pays, à Luang Prabang 😀

Ecolières sortant de l’école. Dans tous les pays tropicaux que j’ai traversé les écoliers ont des uniformes, partout.

Jolie plage au sud de Don Khon, d’où on peut être conduit pour voir les dauphins par des locaux. Moins cher, plus sympa et plus équitable que les tours vendus au village de Don Det.

En route vers les dauphins. Les arbres nous donnent une idée de la puissance du fleuve à la saison des pluies

Je ne savais pas si j’allais voir les dauphins, mais la balade sur l’eau à elle seule valait vraiment le coup

Mon pilote qui écope la barque. Il m’a déposée sur un îlot où il y avait d’autres personnes venues observer les dauphins

J’ai vu les dauphins, mais ils sont difficiles à prendre en photo! Il n’ont pas de rostre, une tête arrondie devant, ils ont la même couleur que l’eau. Ici on voit un bout de petit aileron.

Troupeau heureux

Nouvelle coche, mais je ne sais pas laquelle

Brûlis en cours

Il y a aussi des vaches

Au bord de l’eau il y a de jolis coin de verdure

A la rencontre de la plus puissante cascade de l’Asie du Sud-Est. On l’observe à pied, depuis Don Khon

A la saison sèche le niveau de l’eau est bien plus bas et laisse apparaître comme un désert rocheux

Ca c’est une autre cascade plus petite, à l’Est de l’île

L’intérieur des îles sont des rizières, asséchées en cette saison

Et puis au milieu du calme, des jolis paysages, du chant des oiseaux et des meueueuh des vaches, de la musique techno surgit, à fond, enveloppe et écrase le tout. Ca venait de cet hôtel. Ca m’a foutu les boules et la honte. Le tourisme me fait souvent honte par sa débilité et son irrespect de la vie locale des pays.

Ensuite j’ai avancé vite. Je voulais avancer vite. La fatigue me reprenait, l’ennui de la solitude, la douleur au bras qui me restreignait dans mes possibilités. Je voulais voir un peu le nord du Laos, juste jeter un coup d’oeil, et puis continuer, avancer, vers l’ouest. J’ai pris des bus et en un jour et demi je suis arrivée à Luang Prabang, l’ancienne capitale du pays. L’actuelle est Ventiane, sur la frontière avec la Thaïlande.
Ah non, j’ai fait une escale d’une nuit à Vang Vieng. C’est aussi une ville connue voyageurs, qui s’est taillée une certaine réputation dans le passé et essaie aujourd’hui de la découdre. Déjà, les alentours sont très beaux, avec des cascades et des grottes, des treks et des très beaux points de vue. Ca a donc attiré du monde, du jeune monde, et donc suscité beaucoup de fiesta. Et côté tenanciers laossiens, ils ont exploité le filon : l’alcool et les drogues étaient accessibles partout, tout le temps. Les jeunes étaient dans un environnement no limit, et sans doute que plusieurs ont pensé que ça pouvait être normal, juste un environnement libéré. Le résultat est qu’il y a eu des morts, des gens allant faire du tubbing ou du rafting complètement défoncés ou pas remis de la veille. Du coup l’Etat est intervenu et a fermé la plupart des bars du bord de la rivière et a régulé les pratiques. Ca reste une ville festive et très tournée vers le tourisme comme je ne l’aime pas, à savoir des gens qui viennent s’éclater, s’exposer, sans aucun intérêt ni respect des populations locales (voir Railay et Koh Rong dans mon article précédent, ICI). J’étais bien contente de reprendre la route après une bonne nuit de repos (la précédente était dans un bus).

Quelques photos de Vang Vieng

Luang Prabang est une très jolie ville, au bord du Mékong. Ma mère m’avait dit que ça valait vraiment le coup, et aussi j’avais lu que de là on pouvait rejoindre la Thaïlande en passant deux jours sur le fleuve. J’avais envie de faire ça. Auparavant je voulais me poser un peu, et aussi consulter un ostéopathe qui exerçait là-bas. Là encore je suis tombée sur un francophone, un belge. Un gars vraiment super, il avait également beaucoup voyagé et n’était installé à Luang Prabang que depuis 6 mois. Mais il y avait fait plusieurs séjours auparavant et connaissait bien le Laos.
Il m’a dit ne pas comprendre comment des chiropracteurs pouvaient ne pas rectifier les dorsales, alors que ce sont elles qui créaient l’inflammation nerveuse dans le côté gauche. Ensuite, pourquoi les dorsales posaient problèmes, c’est là qu’il fallait voir le tout. Avec lui j’ai appris qu’effectivement ma scoliose n’était plus là, que mes épaules étaient horizontales, mes hanches aussi, mais ces dernières avaient une torsion vers la gauche ; il fallait donc remettre le sacrum en place. Ca et remise des dorsales en place, et autres équilibrages à la nuque, aux épaules, etc, a pris plus d’une heure. Tout en douceur. Donc, normalement, là j’avais vraiment tout droit, ça devait bien se rétablir dans les jours suivant.

Le Laos est un pays communiste et se nomme plus précisément République Démocratique Populaire du Laos. Comme dans tous les pays que j’ai visité depuis 2 ans on voit des drapeaux nationaux un peu partout, chez les particuliers. Je crois qu’il n’y a qu’en France qu’on ne tire aucune fierté de notre nation et de notre drapeau. C’est mon cas.

Rue de Luang Prabang, une très jolie ville agréable

Centre-ville entièrement tourné vers le tourisme

Je complète ma collection de tuktuk

Ca a été mieux, plus vraiment de douleur au niveau du dos, mais toujours au niveau du bras/épaule/omoplate. Pfffff … là c’est sûr, je somatise. Bref, toujours déçue et interloquée, ça n’aide pas au dynamisme et à l’aventure tout ça. Je me suis promenée, j’ai visité et j’ai finalisé mon précédent article. Et je me suis poussée au cul pour louer un scooter et aller voir la fameuse cascade Kuang Si, que tout le monde va voir. Et je n’ai pas regretté, forcément. Déjà le scooter offre une liberté de mouvement, j’ai pu voir les paysages du coin et admirer la plus belle cascade de ma vie. En aval l’eau s’écoule à travers des piscines naturelles, disposées en terrasse, et on peut se baigner dans certaines d’entre elles. C’était délicieux, parce que l’eau était vraiment fraîche, je n’avais pas eu cette sensation de fraîcheur depuis … aucune idée, longtemps. Ah si ! En Equateur, LA.

Bassins après la cascade

La fameuse cascade, magnifique

C’est là que je me suis baignée, un souvenir trop trop bon, j’y retournerais bien

Ensuite je suis allée de l’autre côté de la ville pour voir une statue d’Henri Muhot, l’explorateur français qui, en parcourant l’Asie du Sud-Est au 19ème siècle, a découvert (pour l’Europe) le fameux site d’Angkor au Cambodge. C’était un objectif de balade, l’objet d’une petite aventure perso, à participer au flux des véhicules sur les routes et à traverser les quartiers et les endroits que je n’aurais pas vu sinon. La statue était chouette, ceci-dit. Henri Muhot y paraît comme un vieux sage voyageur, genre Théodore Monod. Sauf que quand on regarde ses dates, on constate qu’il est mort à 35 ans de la malaria, du coup la statue ne fait pas très crédible, je trouve.
Autour ce n’était pas très joli, hormis une belle vue sur une rivière affluente au Mekong. La route était complètement défoncée et très poussiéreuse. Mais j’étais contente, je m’étais bougé les fesses, sortie de ma zone de confort comme on dit maintenant.

Statue d’Henri Muhot

Rivière près de la statue

Vue sur une partie de Luang Prabang

Vue sur le Mekong

Elle descend de la colline… à pied.

En Asie du Sud-Est il y a comme une élégance généralisée, partout

Avant c’était la maison du directeur de l’école française, dont le poste a été occupé par le père de Pierre Desproges, alors que ce dernier était adolescent. L’humouriste aurait dit que le Laos est un merveilleux pays, mais dont il garde peu de bon souvenir car c’était sa période boutonneuse.

Les maisons sont assez sympas

Celle-ci est beaucoup plus ancienne

Les ponts en bambous sont en général à refaire après chaque saison des pluies

Les jardins sont charmants et donnent envie de s’y mettre

Il y a plusieurs temples actifs à visiter, mais je m’en suis passé

Galettes qui sèchent. Je ne me rappelle plus de quoi elles sont faites.

Coucher de soleil sur le Mekong, en buvant une noix de coco

Tous les soirs la rue principale de Luang Prabang se transforme en grand marché de nuit, avec surtout de l’artisanat, dont de très belles choses. Et il y a une petite ruelle avec que de la nourriture, dont un buffet de légumes où on rempli son assiette comme on veut pour moins de 2 euros. L’Asie aussi est grande consommatrice de viande, les grillades ont l’air d’être une panacée, que ce soit de viande, de crevettes ou de poisson.
Je n’ai échangé avec personne pendant ce séjour, j’étais en mode fatigue et flemme, tournée vers l’intérieur. La question de mon retour commençait à se faire de plus en plus présente, avec la hâte de revoir famille et amis, lieux que j’aime, sentir l’océan. Mais aussi l’appréhension de ce que je vais faire en rentrant, trouver un boulot, un logement, où, quoi, comment, etc.
La curiosité du voyage s’amenuisait, d’autant plus que ça faisait 4 mois que j’étais en Asie du sud-est. Envie d’accélérer le temps. Quand un truc me préoccupe j’ai envie de le régler au plus vite. Mais je ne voulais pas arrêter mon voyage ; envie de voir l’Inde, l’Iran, la Turquie. Oui, mais en es-tu sûre, ne veux-tu pas rentrer ?

Non.
Aller directement en Inde ? Zapper l’Iran ? Aller d’Inde à l’Europe ? Etc.
Tout ça avec des recherches sur internet pour avoir une idée des vols, des tarifs, etc.
J’étais dans le flou total, ne savais pas trop quoi faire.
Allons pas à pas.
Déjà, le nord Thaïlande, je verrai ensuite d’où vient le vent.

Installation du marché avant la nuit

Ca c’est le buffet végétarien où on rempli son assiette tant qu’on veut pour moins de 2 euros

L’Asie, autres pays des grillades

Ca j’ai goûté (forcément). Ils sont plus beaux que bons.

L’Asie, ma palme d’or pour les fruits. Dommage qu’ils soient souvent sous plastique.

A Luang Prabang il y a aussi une des meilleures boulangeries françaises : Le Banneton. Un matin j’ai craqué, je me suis assise là dehors, j’ai commandé un café et un croissant. C’était divin. Je n’ai pas dormi la nuit suivante, bien sûr (je suis hyper sensible au café), mais déguster un bon café avec un bon croissant m’a donné beaucoup de plaisir. De l’art de se foutre en l’air de temps en temps. Ceci dit c’est moins pire qu’avec de l’alcool.

Ils vendaient même des galettes à la frangipane.

C’est une bonne idée de servir un verre d’eau avec le café, parce que ça colle un peu aux dents comme substance.

J’ai donc pris le bateau pour rejoindre Pak Beng, puis un autre le lendemain pour rejoindre Hua Xai, où je suis repassée en Thaïlande. De là j’ai pris un bus directement pour Chang Mai, où je suis restée deux nuits pour me reposer. Et j’ai repris un bus pour Mae Sot, à la frontière avec le Myanmar (vous avez vu comme je vais vite et m’en foutais un peu de là où j’étais?). J’avais finalement opté pour traverser ce pays et rejoindre l’Inde par la route, comme prévu initialement. Je suis restée 3 nuits à Mae Sot, le temps de faire mon e-visa par internet et de m’enfermer dans ma chambre. Besoin de me fermer vraiment, de sortir du voyage et de faire une pause physique et mentale. Et ça m’a fait du bien.
Le voyage fatigue car je suis tout le temps en adaptation et à l’affût de comprendre mon environnement. Parce que je suis tout le temps une étrangère, qui soit n’a rien à faire là, ou est une bonne opportunité d’avoir des billets en plus. Et tout ça n’est pas grave du tout, voir anodin ou même très intéressant quand ça va bien. Mais quand on se sent vide et nulle, ça attise les braises du mal-être et ça déprime encore plus.

Village du bord du Mekong

Dans le bateau

Bateau similaire allant dans l’autre sens

Quand tu te dis que tu as une putain de chance d’être là, et que tu remercie la vie et l’Univers tout entier

Ceux qui ont débarqué dans ce village avaient l’air d’une équipe de tournage chinoise

J’ai découvert l’existence de buffles albinos. C’est un peu comme un gros cochon avec des cornes.

Quand tu crois voir ta mémé en laossienne … <3 (oui, ma grand-mère se faisait appeler mémé et n’en avait rien à foutre <3 <3<3)

Enfance heureuse

On arrive bientôt à Pak Beng

Port de Pak Beng. Ici, il ne se passe rien pendant la journée, et vers 18h les bateaux arrivent en escale, soit depuis l’amont soit depuis l’aval. Alors les hôtels nous attendent à la sortie pour nous proposer leurs chambre. Les restos se remplissent. Et tout se re-vide le matin quand les bateaux repartent.

Pak Beng le matin. Il faisait très frais, mon sac de couchage était limite pour me réchauffer dans le bateau

Dans la deuxième partie du voyage le paysage est plus ouvert, il y a moins de forêt et plus de cultures à grande échelle.

Cet arbre m’a fascinée. 

Champ de bananiers

En parallèle, une amie de Buenos Aires (que j’ai connu quand elle m’a accueillie en Couchsurfing) avec qui je reste en contact a commencé à travailler sur mon cas en énergétique. Elle fait de la kinésiologie à distance et a trouvé des explications à mon mal d’épaule. Tout ça dans le subtil, les mémoires cellulaires, l’inexplicable, quoi. Mais ça m’est égal. Ses conclusions menaient à deux traitements consistant à prendre des gouttes d’extrait floraux de St Germain. Ca ne se trouve pas facilement au Laos ni en Thaïlande, donc l’alternative était d’écrire le nom des fleurs en question sur un bout de papier et de le mettre contre la peau toute la journée, pour en recevoir l’énergie curative (je résume). Allons-y. J’ai donc commencé les applications qui devaient durer 3 semaines. Et bien en quelques jours ça allait beaucoup mieux. Effarant. Dingue. J’ai continué les applications…

Marché à Chang Mai. C’est une ville très touristique, plaque tournante du tourisme du nord Thaïlande. La ville est très agréable, avec des maisons basses et plein de petites ruelles.

Marché à Mae Sot, où il y a beaucoup de birmans et où les cultures se mélangent

Bois de Tanaka, que les birmans réduisent en poudre qu’ils appliquent ensuite sur le visage. C’est un masque de beauté par excellence, qui protège des coups de soleil, réduit les rides, fait une belle peau, etc.

Reposée et l’e-visa imprimé, je suis partie vers la frontière birmane. Avec à nouveau curiosité et aussi appréhension ; on dit ce pays plus fermé que les autres, est-ce que je m’y sentirai bien ? C’est comment à l’intérieur d’un pays fermé ?

Vous le saurez au prochain numéro de Partie par là, vagabondances terriennes

Tantantaannnn….

Le pont entre les deux postes frontière

Le Myanmar apparaît, le 27ème pays du tour, c’est partie pour d’autres découvertes…

6 thoughts on “Reprendre la route

    • Maryvonne

      Merci Anne 🙂
      Article sur la Birmanie en cours, je l’ai quitté il y a plus d’un mois, j’ai du retard! Mais l’Inde est… sensationnelle 😉
      Bises

  1. stange

    Un réel plaisir de te lire et voir tes photos. Ca nous ferait très plaisir de te revoir en France ou ailleurs. Très cordialement. Emmanuelle, celle de Sète, la 2e du 2 janvier.

    • Maryvonne

      Merci Emmanuelle 🙂
      Pas la peine de préciser, je me souviens bien! (par contre c’est le prénom de monsieur que j’ai lamentablement perdu dans un méandre, il n’est pas encore revenu, du coup je ne savais pas trop comment tourner mes phrases sans avoir à le citer, alors que j’aurais bien voulu :-/)
      J’espère pouvoir passer vour voir, si ce n’est pas sur la route du retour ce sera un peu après, j’ai un sac à récupérer à Leucate 🙂
      Bise à tous les deux

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