Une fin d’année heureuse

Je suis arrivée le 23 novembre en Thaïlande, en fin de journée, dans la ville de Hat Yai. Fatiguée, j’ai trouvé l’auberge de jeunesse assez rapidement et suis ressortie manger un morceau. Je voulais me coucher tôt, d’abord à cause de la fatigue et ensuite parce que je prenais un autre bus tôt le lendemain. Dans les rues, la différence avec la Malaisie était nette. Encore plus de petits vendeurs, encore plus de petites échoppes sur les trottoirs envahis. J’ai eu l’image d’un pays plus pauvre, comme je m’y attendais, mais pas tant que ça en fait. La Thaïlande est plus « développée » que je ne le pensais. Sans repère dans ce nouveau pays et sans avoir envie de trop me prendre la tête à cause de la fatigue (qui est aussi source de vulnérabilité pour une voyageuse), je me suis retrouvée à une échoppe malaisienne à manger un plat que je connaissais. Et dodo.

Joli bateau thaïlandais

Le lendemain direction la ville de Trang. Là, il fallait que je trouve un des minivans allant à un embarcadère pour prendre un bateau pour l’île Koh Muk. J’avais une réservation pour trois nuits dans une auberge de jeunesse, je ne savais pas si j’allais trouver un moyen pour y arriver dans la journée, du moins sans prendre de taxi très cher sur cette distance. Et ça a été très facile. A la descente du bus j’ai commencé à marcher dans la grande rue de Trang, direction la gare, tout en regardant la carte et constatant que ça faisait une trotte. J’avais lu sur un blog que devant la gare il y a plein d’agences faisant le transfert pour les îles, bus et bateau inclus. Après quelques pas je suis passée devant deux gars dont un sur une moto, me proposant de me conduire quelque part. J’ai dis « ok, à la gare ? » Et c’était parti. C’est rien comme ça, mais monter sur une moto avec un gros sac sur le dos, un petit sur le côté, et mon fameux grand parapluie multicolore en travers, c’était assez sport. Et drôle. Sans casque bien sûr, de quoi rendre l’assurance voyage obsolète. Déposée, j’ai fait quelques pas vers les agences mais les agences ont fait plus de pas vers moi, surtout une, avec qui j’ai fait affaire. Je ne me souviens plus du prix mais c’était pas grand chose pour le service rendu, et le van partait dix minutes après. Trop facile.

Jolis îlots qui font le charme des paysages marins de la Thaïlande du sud

Paradise

Je n’avais plus qu’à me détendre, me laisser transporter, et le soir je me baignais dans une eau bleue, celle qui fait rêver quand on regarde des photos des îles du sud Thaïlande. Je voulais me prendre quelques jours de paradis. Quand c’était décidé, le plus dur avait été de choisir son paradis : il y a une dizaine d’îles paradisiaques, plus si on compte celles de la côte Est (j’étais sur la côte Ouest, une habitude bretonne). J’avais choisi Koh Muk, et pas Koh Tao, ni Koh Phi Phi, ni Koh Ngai, ni Koh Kradan, ni Koh etc, … (devinez comment on dit « île » en thaïlandais). Pourquoi Koh Muk, je ne sais plus trop. Pas trop grande, pas trop petite, j’ai pu faire un peu de rando, me baigner sur quatre plages différentes, me déplacer dans le village qui s’étend un peu. Bref, une petite île où on ne manque pas d’air, avec un peu de vie locale et pas du 100% touristique. On va dire du 70% touristique, quand même. Mais c’était sympa. L’auberge était super, pas chère et confortable. Les gens étaient très gentils, même si c’est leur intérêt d’être sympa avec les touristes, j’ai senti aussi une vraie envie de communiquer, d’expliquer les us et coutumes, la cuisine, etc.

Route sur Koh Muk. Pas de voiture, quelques vélos, scooters et TukTuk.

Les rues du centre village sont une alternance de restos, salons de massage, hôtels, agences de voyage, boutiques d’artisanat. C’est tout. Et quand on passe devant on est invité à venir, avec un sawadi kha (bonjour) dit avec un beau sourire. Les paysages sont très beaux, avec au loin ces grands îlots très hauts, caractéristiques de cette région, et qui font une grande partie de son charme.
Mais c’est là aussi que, pendant un massage Thaï pourtant bien mené, une forte pression du pouce de la masseuse sous l’épaule, à la limite de l’omoplate, m’a fait une douleur aigüe et réveillé le mal que j’avais mis deux mois à éteindre en Amérique du Sud. Il était là en latence en fait. Ce n’était pas trop embêtant alors, juste une sensibilité, mais la suite de mon voyage n’a pas arrangé les choses.

Le paradis étant sur Terre, il est actuellement entaché du manque de maturité humain. Ici des personnes se dévouant à ramasser les plastiques échoués, et à les brûler. Pas d’autre solution, ici.

Coucou, je te vois…. (mais à qui elle parle?)

… au crabe, là

Pas besoin de masque! (je vous jure que je n’ai pas donné à manger)

J’avais rendez-vous quelques jours après dans la région du Parc National de Khao Sok. Moins fréquenté que les parcs de la côte, il offre cependant des paysages époustouflants autour d’un immense lac et héberge une faune intéressante, dont des gibbons et des éléphants sauvages. Je suis donc remontée vers le nord, m’arrêtant deux nuits à Krabi d’abord. Je voulais y voir d’autres aspects des beaux paysages de la région et pour cela je suis allée passer une journée à Railay. Je n’aurais pas dû. J’aurais dû prendre une autre formule sur le menu des agences de tours et voyages. En fait, je n’avais pris aucune formule du tout, je suis allée à Railway en prenant le bateau régulier qui y va (départ quand il y a au moins 8 personnes dedans). Ceci dit, j’ai vu comment c’est le tourisme de masse dans le sud Thaïlande, je suis plus cultivée, c’est sûr. Jamais vu un endroit pareil, 100% dédié au tourisme occidentale. Hormis le paysage, on ne pouvait pas dire dans quel pays on était. Sea, sex and sun, and alcool and space cake. Oui, alors bien sûr, c’est le spot d’escalade du coin. On va dire que. D’ailleurs c’est vrai, mais si j’étais escaladeuse j’irais ailleurs. Je ne sais pas si les vrais escaladeurs y vont. Sans doute que oui. En tout cas il y a beaucoup d’escaladeurs en herbe, qui font de l’escalade comme il font du tubing (poser ses fesses sur une chambre à air de camion et se laisser aller avec le courant d’une rivière) ailleurs, après avoir fait du zip line (tyrolienne) encore ailleurs, et du snorkeling (nager avec un masque et un tuba, même pas de palme) dans les îles. Je me moque, mais c’est ça ou en pleurer.

Rue de Krabi (où j’étais contente de mon parapluie)

Rue de Krabi

Quand on veut, on peut

Un marché de nuit à Krabi

Dans le port à Krabi

On the marine road to Railay

En route pour Railay

Railay

Surtout, ne pas s’habiller un peu, on est en vacance et on paie pour ça

Rue de Railay

Plage de Railay

C’est très couru, Railay

Session escalade, sur la plage. Il a l’air bon, celui-là

Railay, vu d’en haut

Assez Railay, il est temps de rentrer

J’ai donc pris mon bus pour Khao Sok avec plaisir. Au programme, rejoindre Karen qui gère un resort et l’aider avec le jardin, et peut-être avec les clients. J’ai adoré ma rencontre avec Karen. Une écossaise qui vit en Thaïlande depuis plus de 10 ans. Elle est arrivée là juste après le tsunami de 2004, embauchée par une ONG pour aider en particulier les femmes à se reconstruire une activité et une vie. Je crois. Et puis elle a rencontré un thaïlandais et est restée vivre là. Il y a 3 ans elle a pris la gérance du Silver Cliff Resort, qu’elle loue à une famille locale. En Thaïlande il est quasi-impossible d’acheter du terrain ou des locaux pour les occidentaux, c’est très protégé. Mais elle préfère louer de toute façon, elle sait le pays fragile politiquement et préfère n’avoir rien à perdre en cas d’expulsion du pays. Son partenaire est décédé il y a un an, mais elle reste quand même, c’est son lieu de vie maintenant. Peut-être qu’elle ira ailleurs pour sa retraite, mais elle ne se voit plus rentrer vivre en Ecosse.
A sa mort, son compagnon, qui ne vivait pas forcément avec elle au resort, a laissé cinq chiens orphelins. Des chiens qu’il avait récupéré, sauvé de la rue. Sa famille ne voulait pas en entendre parler alors Karen les a pris en charge. Mais pas au resort, où elle a déjà deux chiens, plus celui du voisin qui vient d’élire domicile chez elle définitivement. Apparemment il n’était pas heureux avec ses anciens propriétaires. Bref, trois chiens c’est déjà presque trop quand il y a des clients à gérer, surtout quand ils se mettent à hurler tous ensemble.
Karen à donc trouvé un petit bungalow pas cher à la sortie d’une ville à deux heures de route du resort. Elle le loue et reçoit des volontaires qui se relaient pour séjourner là et s’occuper des chiens : les nourrir et les promener deux fois par jour, les câliner et les brosser. Prendre soin d’eux, quoi.

Au Monkey temple (temple du singe), au village de Khao Sok

Aucune idée de qui ça représente

J’adore les dragon (et re-)

Alors que j’avais commencé mon volontariat depuis deux jours (rempotage de plants, transplantation d’arbustes, désherbage, etc) une autre volontaire est arrivée, destinée à être conduite au fameux bungalow pour prendre la relève d’un couple sur le départ. Cette volontaire espagnole était très sympa, mais bizarre. Je le gardais pour moi parce que ça n’avait rien d’important, mais ses discussions et sa façon d’être et de voir le monde me mettait mal à l’aise. Il y avait un truc hermétique autour d’elle, une bulle déconnectée, et un manque d’authenticité dans sa façon de s’exprimer, comme un jeu surfait.
La veille du jour où Karen devait la mener à Khura Buri (la ville où se trouve le bungalow), je suis allée au village de Khao Sok avec elle pour un massage, parce que faire la jardinière avait vraiment réveillé mes douleurs au dos/épaule/bras. Dans la voiture elle m’a demandé si ça me dirait d’aller garder les chiens à la place de l’autre volontaire, parce qu’elle ne la sentait pas du tout capable de rester seule en autarcie avec eux. Elle était inquiète, parce qu’elle a déjà eu des volontaire qui n’ont pas tenu le coup et ont abandonné. Déjà elle veut que ce soit un bon séjour pour les volontaires, mais aussi quand ça se passe mal ça se ressent au niveau du moral des chiens. Moi ça me disait bien, un bungalow dans la nature avec cinq copains (enfin 4 copines et un copain). Du coup il y a eu changement de programme. Qui m’arrangeait parce que faire la jardinière plus longtemps aurait peut-être été problématique. Ceci dit, le massage Thaï que j’ai reçu ce jour là a été au top, le meilleur de tous, et j’allais mieux le lendemain.

Porte du Monkey Temple

Voila comment je me suis retrouvée à Khura Buri. Le seul truc con c’est que je n’ai pas eu le temps de voir le Parc de Khao Sok! Faudra que je revienne. A la place j’ai vécu dans une petite ville pas touristique du tout, avec peu de monde parlant anglais, un marché local très local, un scooter pour me déplacer, j’ai adoré. C’est ce que je préfère dans mon voyage, quand je peux contacter la vie locale normale. Pour cela il y a le volontariat, le couchsurfing, ou rester sur place assez longtemps pour prendre des habitudes et fréquenter les même lieux plusieurs fois ; alors une autre communication se crée.
Les chiens étaient supers. Ils avaient l’habitude de changer de compagnie régulièrement, mais quand Karen arrivait c’était la fête. Surtout qu’elle arrivait toujours avec du poulet acheté au marché rien que pour eux, le festin !

Un sweet home pour deux semaines

J’ai quand même fait un peu de jardinage

Karen et son cœur d’or louait le bungalow, faisait la route une fois par semaine pour voir si tout allait bien et refaire le plein en nourriture. Elle ne fournissait pas le frais, mais tout le reste oui, le riz, les pâtes, les céréales, les sauces, des boîtes, etc. Perso, les légumes du marché et du riz c’était très bien. J’en faisais toujours plus pour en mettre dans les gamelles des chiens. Deux fois par jour c’était la balade dans la campagne derrière le bungalow. Des collines en fait, couvertes d’arbres à latex (hevea), où des familles du Myanmar travaillaient à la récolte de la précieuse sève. J’ai été impressionnée de découvrir ce goutte à goutte, ces petites quantités soutirées petit à petit aux arbres, ces travaux de fourmis sur des hectares et des hectares en Asie, pour approvisionner un marché immense. Combien de boules blanches pour faire un pneu (c’est l’utilisation de 90% de la production)? Je ne sais pas.
J’ai adoré mon séjour au calme avec ces cinq amis affectueux, et bruyant la nuit quand eux aussi se mettaient à hurler tous en même temps ! Mais les balades à grimper dans les collines ne reposaient pas mon épaule, et la douleur est revenue plus forte. J’ai donc cherché les éventuelles aides sur Bangkok et ai trouvé un chiropracteur. Le rendez-vous était pris, la veille d’un autre rendez-vous tant attendu depuis longtemps : l’arrivée de ma sœur Hélène le 16 décembre, la veille de son anniversaire.

Balade dans les plantations d’hevea (arbres à latex). La Thaïlande est le premier producteur mondial

L’écorce est enlevée sur 10-15cm et la sève s’écoule lentement, j’ai cru comprendre pendant 3 jours. Ensuite on refait une autre entaille, en tournant la demi-sphère de latex solidifié dans le bol, comme ça le nouvel écoulement va faire un 3/4 de sphère, etc. Ensuite les sphères sont mises dans des grands sacs et sont vendus à l’usine de traitement.

Boule de latex à côté de son arbre père

Ca complote

Ca allait faire 21 mois que je ne l’avais pas vu, presque 2 ans. Nous nous étions quittées à l’aéroport de Mayotte fin mars 2017, après que j’ai passé un mois chez elle pour découvrir ce chez elle et lui dire au revoir. Et là, elle me faisait la joie de venir passer deux semaines avec moi. Retrouvailles à Bangkok et ensuite aller au Cambodge visiter les temples d’Angkor et la région de Siem Reap.
La séance de chiropractie a été géniale. Premièrement c’était un français, ce qui facilite les explications où on peut glisser des nuances et des précisions, et puis il a été très efficace. Le lendemain je me sentais déjà mieux. Il m’avait prescrit du repos par contre, et ça, je n’étais pas sûre de pouvoir assurer.
Hélène est arrivée avec plus de 15h de retard et des aventures à raconter ; problème d’avion à Mayotte, résolu en affrétant celui prévu pour rallier Bangkok, du coup correspondance annulée à la Réunion et obligation de trouver un hôtel, reprendre un autre avion pour Bangkok le lendemain. Mais elle était là, en chair, en os et en sourire, et ça a été génial. Nous sommes restées deux jours à Bangkok. Ca nous rappelait une chanson de notre adolescence, One night in Bangkok, de Murray Head. On visitait, mais en dilettante, le principale était les moments et les rigolades partagées.
Je n’ai pas trop assuré pour son anniversaire, j’avais pensé aller à un spectacle thaïlandais, mais ça ne lui disait pas trop, et je n’avais pas vraiment d’idée. J’avais lu dans un blog des trucs intéressant sur un marché de nuit plein de spécialités locales, alors on y est allé. En taxi parce que c’était loin. Et on s’est retrouvé dans un marché 100% local, dans une espèce de pseudo banlieue en travaux. C’était un peu glauque en fait, mais en même temps original, on ne pouvait pas dire le contraire. Mais pas terrible pour un anniversaire. En rentrant on est allée dans un salon de thé désert mais sympa ; Hélène a créé une mini-terrasse sur le trottoir et on a siroté nos thé et café en déconnant et en regardant les rares passants. J’en garde un bon souvenir.

Je ne sais même pas le nom de ce temple célèbre et ai la flemme de chercher. Mais je l’admire quand même.

Divinités hindous, et leurs offrandes (apparemment les Dieux aussi aiment la junkfood)

Balade sur les canaux, en bateau privé

Sur pilotis, elle tient encore, pour le moment …

Temple. On s’est arrêté à un et un moine nous a vendu du pain pour …

… le donner aux poissons. Impressionnant, non?

Quelque fois, quand c’est le bordel, c’est joli

Comme les « marchés flottants » sont appréciés des touristes, et bien qu’à cela ne tienne, certains mettent leur boutique sur un bateau et paf, ça pagaie pour venir nous voir. Rien à voir avec les vrais marchés flottant traditionnels, mais par définition c’est bien un marché flottant.

Il y a une sorte de crocodile/alligator ou leur cousin sur cette photo ; vous le voyez?

C’est un python, ça ne mord pas, mais ça fait un drôle d’effet quand même

Ruelle de Bangkok

H&M

Et puis nous avons pris le bus pour Siem Reap, la ville qui borde les anciennes citées d’Angkor. Après une journée tranquillement assises dans un bus devant des paysages plutôt monotones, nous nous sommes installées dans une chambre d’hôtel plutôt classe, avec vue sur une piscine, climatisation au top, et massage dans la chambre si on veut. On ne s’en est pas privé, un par jour pratiquement. Trop bon.
Nous avons pris un pass 3 jours pour visiter les temples. Ils s’étalent sur plus de 400 km2, de quoi faire, mais les plus beaux, les plus célèbres et les plus restaurés sont entre 10 et 40 km de Siem Reap. Nous avions une semaine pour utiliser les 3 jours, alors nous avons alterné des journées temples et des journées autre chose. Le chauffeur de tuktuk qui nous avait cueillies à la sortie du bus pour nous amener gratuitement à l’hôtel (service de l’hôtel) était sympa et on a fait affaire avec lui en le laissant nous guider sur ces trois journées. Enfin non, la troisième nous avons fait notre programme personnalisé. Et c’était vraiment des super journées. Même en haute saison, même si c’est beaucoup fréquenté, il y a la beauté des pierres, la beauté de la Nature mélangée et surtout une ambiance, une atmosphère unique qui rend les visites très agréables et apaisantes.

(j’ai une palanquée de photos, je crois que j’en mettrai à la fin de l’article, en annexe)

Voyager à deux c’est pas mal. Pour 30 euros on partageait une chambre très classe, avec belle piscine

Un bon plan : commencer la visite en allant voir le couché du soleil. Le contrôleur vous laissera passer sans poinçonner le billet, ce ne sera donc pas compter dans les 3 jours. Bon, par contre il y a foule. Et le soleil se couche derrière un arbre! Mais c’est beau, si si c’est beau.

Retour avec notre chauffeur de Tuktuk

Je pensais que les temples étaient très vieux, du même acabit que les temples Maya visités à Tikal et Palenque, mais non, rien à voir, tout faux ! Ils ne datent que des années 1000-1400 après JC. Issus d’une succession de rois s’entretuant et faisant construire leurs propres temples et palais à chaque nouveau couronnement, pour faire oublier le règne du précédent. Ridicule, mais à l’incroyable résultat de toutes ces actuelles richesses historiques. Pas contre, le pays n’a pas pu entretenir tous ces bâtiments comme nous avons pu le faire avec beaucoup de nos châteaux et églises en Europe, alors tout est partie en ruine. L’évidence de tout le patrimoine historique qui nous entoure en Europe est devenu pas si évident que ça en voyant ce qu’il en est ailleurs. Nous avons de la chance, là aussi. Il n’y a pas de trace des édifices après le 15ème siècle parce qu’ils étaient alors construits en matériaux dégradables comme le bois et/ou la terre ; ils ont entièrement disparu. Au 19me siècle Henri Mouhot a découvert (pour les occidentaux) ces trésors architecturaux en pierre, envahis par la végétation, et les programmes de restauration ont commencé. Des pays du monde entier (dont la France) ont subventionné et subventionnent toujours le défrichement et la restauration des temples. Qui est très très loin d’être finie, mais je ne pense pas que le but est de tout restaurer, c’est trop immense. Chaque pays a ses zones, ses temples, son programme, ce n’est pas un truc global.

Certains sites sont accessibles dés 5h du matin, pour y voir le lever du soleil. C’est le cas d’Angkor Wat, le plus célèbre et le plus grands des sites visités. Ici le profile d’Hélène, tranquillement assise à profiter du moment, avant qu’on se fasse virer parce qu’on était dans une partie pas encore ouverte au public! Dans le noir on n’a rien vu, on a juste fuit la foule.

La foule, prête à prendre une photo du temple se reflétant dans la mare devant elle. Vous verrez tout à l’heure, ça fait un bel effet.

Brume matinale

Le fameux reflet, pas dans un lac, une mare!

Ca fait toujours un effet boeuf, un moine sur une photo

La belle Hélène (pas trop poire)

Un copain à Hélène

Certains temples sont hindouistes, car c’était la religion primaire en Asie du sud-est, avant que le bouddhisme ne vienne le remplacer. On voit donc des temples des deux religions, tous magnifiques. Certains plus que d’autres, c’est sûr. Comme le fameux Ta Prohm, qui a été moins défriché que les autres pour donner une idée aux visiteurs de l’état dans lequel les temples ont été découverts avant restauration. Ainsi on peut admirer les arbres envahissant et enlaçant les murs et les pierres, dans un mariage élégant. Ces dernières années quelques arbres ont dû être cependant abattus car ils menaçaient trop de faire écrouler certains murs, mais les souches et les racines persistent et restent très belles, comme des sculptures d’un autre genre.

Tout le monde prend cette photo. J’ai saisi LA seconde (n’empêche qu’il y en a quelques unes) où il n’y avait personne devant la scène. Il y a une queue pour se faire prendre en photo devant ce beau tableau vivant.

Arbres coupés, qui repoussent

Notre chauffeur qui attend. J’ai oublié son nom, peut-être qu’Hélène le mettra dans les commentaires? Très sympa, avec de bons conseils

Travaux forcés

Plafond

Ca date en fait, les émoticônes

Vraiment, un peu de moines et ça fait tout de suite plus classe

Ou une Hélène, c’est pas mal aussi

Il y a eu beaucoup, et a encore un peu, de vandalisme sur les sites d’Angkor. Quelque fois ça se fait sur commande ; les acheteurs choisissent sur catalogue et les voleurs (larbins sous-payés risquant leur peau pour les commanditaires) viennent ensuite faire leur récolte.

A l’entrée des temples il y avait souvent des musiciens jouant de la musique traditionnelle (Hélène a acheté un CD). Certains sont mutilés, victimes des mines disséminées dans le pays pendant la guerre, toujours présentes.

En parallèle, nous avons fait la visite d’un ancien site hindou, situé sur une petite montagne à une 40ne de kilomètres de Siem Reap. A présent c’est une pagode. On dit temple pour la religion hindou et pagode pour la religion bouddhiste. Et il y avait un grand bouddha couché, beaucoup vénéré à en croire les offrandes qui l’entouraient. Cependant on a aussi pu voir un vestige du culte hindou. Et Hélène a acheté de l’encens pour faire offrande à un bouddha. Je l’ai trouvé gonflée de se lancer dans un truc dont elle ne connaissait pas les rites, ni comment faire. Mais un (ou une, nous n’étions pas d’accord sur le genre) moine assis(e) à côté l’a assistée et lui a montré quoi faire. Alors Hélène m’a donné quelques bâtons d’encens pour que je fasse aussi offrande, et je m’y suis collée. De moi-même je n’aurais pas osé faire ça, par peur de heurter d’une manière ou d’une autre, parce que je ne suis pas bouddhiste et ne connais pas les tenants et aboutissants des rites. Mais quand on n’a peur et qu’on a un cœur sincère le courant passe et de chouettes moments se passent. Hélène a ce talent, elle prend moins les choses au sérieux que moi, et ça allège tout. J’apprends beaucoup à son contact, et ces deux semaines m’ont beaucoup apporté, ça m’a allégé les pensées.

Après la visite de la pagode nous avons visité un ancien lieu de culte hindou, utilisant l’eau pour la purification et la célébration de Shiva. Ensuite nous avons été voir une cascade et nous nous y sommes baignées. La puissance de la chute d’eau était impressionnante, même sans se mettre directement dessous (chose suicidaire) il était difficile de se tenir à proximité. Ca fait frissonner en pensant à la puissance des énormes chutes d’eau comme à Iguazu.

Entrée de la pagode

Petite cérémonie avec un moine

Rituel de l’eau (hindouiste)

Il y a une Hélène sur cette photo. Rien à voir avec un alligator

Bouddha couché

Je ne sais pas à quoi il rêve, mais ça a l’air bien

Hélène qui s’y colle. J’y pense, c’est surement une moine à côté, parce que les femmes ne peuvent pas être en orange, elles sont en blanc.

Ancien site hindou, pour le rituel de l’eau

Ca c’est la petite cascade, je n’ai pas de photo de la grande où l’on s’est baigné

Un autre jour nous sommes allées visiter des villages au bord de l’immense lac Tonlé Sap. Un village sur pilotis (Kampong Khleang), qui en cette saison sèche n’est plus beaucoup au dessus de l’eau, et un village flottant dont les habitations sont sur des barques. Nous avons fait la visite avec une association du village, qui utilise les revenus pour l’école, acheter des machines à coudre et aider les pêcheurs. Car il s’agit d’un véritable peuple de l’eau, vivant de la pêche aux poissons et aux coquillages. Ici des bateaux à foison, des filets qui se réparent, des poissons qui sèchent, des enfants qui jouent dans les rues asséchées. Et une grande pauvreté qui saute à nos yeux. Un côté triste et désolé, et un côté beau, libre et d’un autre monde qu’on ne peut pas comprendre. J’ai senti une connaissance de leur environnement, des savoirs transmis de génération en génération, des territoires physique et conceptuels inaccessibles à qui n’est pas né là. Après la visite de l’école et de la famille du guide nous avons été plus loin sur le lac pour voir un petit village flottant. Nous n’avons fait que passer devant ces maisons/embarcations. Ici peuple de l’eau est encore plus significatif. Le village bouge au gré du niveau de l’eau (le lac a sa surface multipliée par 6 en saison des pluies) mais reste toujours sur l’eau. Par la suite j’ai entendu que ces habitants venaient beaucoup de Thaïlande et Vietnam ; sortes d’immigrés se faisant une place où ils peuvent. Vrai ou faux ? Je ne sais pas.

Rue du village sur pilotis, à sec pendant la saison sèche

Préparation des poissons avant de les fumer

Poissons séchant

Poissons fumant

La « grande rue » du village de Kampong Khleang (où vivent quand même près de 10 000 personnes)

Rues et ruelles

Le monsieur prépare un serpent qu’ils ont attrapé dans l’eau. Ca va faire un bon repas qui change du poisson.

Petite épicerie

Ecole du quartier (qui en a une, grace à l’asso)

Je dirais bien que tout ça c’est du chinois, … mais c’est faux.

Bateau rentrant avec des sacs remplis de bigorneaux ou petites coques, que j’ai vu en vente sur tous les marchés du coin, et même plus loin.

Les pêcheurs rentrent, et nous on va voir le village flottant et le coucher du soleil

Habitation flottante

A la saison sèche de grandes étendues deviennent des îlots plats.

Oui, on peut vivre là et avoir la Télé

Brûler les déchets

C’est beau une ville sur pilotis, la nuit

Un autre jour nous avons visité le Village culturel Cambodgien, sensé offrir des représentations de l’histoire et de la culture du pays. Reconstitutions de villages de différentes ethnies, musées d’objets et de scènes historiques, spectacles vivants, mini-zoo et mini-ferme, etc. Nous y sommes allées à l’ouverture le matin, chose à ne pas faire : les villages et spectacles ne se réveillent que l’après-midi ! A se demander pourquoi ils ouvrent le matin. Mais on s’en foutait un peu, nous nous sommes promenées, nous avons vu des trucs, nous avons pas mal rigolé.
Le dernier soir nous sommes allées voir un grand spectacle retraçant l’histoire d’Angkor sous forme d’un petit conte. C’était très beau, avec des effets sons et lumières impressionnant, de magnifiques costumes et des danses traditionnelles dont la fameuse Ankara. Cette danse fascine par le jeu des mains des danseuses, qui se tordent de façon surnaturelle. Il y a un long travail derrière ces représentations, qui étaient initialement réservées aux rois.

Danse Apsara (illustration figée de)

« Coriandre sauvage », j’adore. On en trouve en Amérique du Sud aussi. Je ne sais pas si c’est de la même famille que la coriandre cultivée, mais ça a le même goût en plus fort.

On est resté se regarder un bon moment lui et moi, ben j’avais honte, aucune explication valable à lui donner pour ce qu’on lui faisait vivre, dans cette cage.

Rizière après récolte, à la saison sèche

Du coup on y fait paître les zébus, qui font caca et apporte des nutriments aux micro-organismes du sol

Que dire du dernier jour. On l’a passé tranquillement à se promener en ville, à déjeuner dans un restaurant très bobo sympa, équitable, bio tant qu’il peut, avec des vrais jus de betteraves (Mmmmmmm). Un dernier massage. Hélène partait à 17h30 pour l’aéroport, moi j’avais un bus à 20h30 pour le sud du pays. Ce n’était pas de la tristesse la séparation, elle s’est faite assez vite, elle était tellement anticipée intérieurement par chacune de toute façon. Les larmes sont venues des deux côtés alors que son tuktuk s’éloignait, des larmes d’amour, des larmes d’un lien qui se retend avec l’éloignement. Quand je ressens cela je me dis que c’est une chance d’avoir ça dans sa vie, en fait.

Grand Hotel d’Angkor, où De Gaulle a dormi

Photo de mariage dans le parc

La fameuse « Pub Street », dans le centre de Siem Reap. Où les touristes font la fête et achètent plein de trucs. Enfin, ceux qui veulent.

Un petit creu? Mygales, criquets, scorpions, asticot, petits serpents?

« Fish massage », les poissons viennent vous manger toutes les peaux mortes des pieds. On a testé gratuitement quand on s’est baigné à la cascade, il y en avait dans l’eau, ça fait bizarre!

Un « curry », trop bon, avec du lait de coco :-b

T’as pris quoi toi? … des nouilles Nouille! (private joke familiale, datant du temps de mon grand-père maternel)

Vous ne verrez que l’affiche du grand spectacle, interdiction de prendre des photos dans la salle

Hélène a encore eu des déboires pour le retour, et celui-là il fallait vraiment le trouver ! Quand elle a voulu embarquer elle n’a pas trouvé son passeport. Elle s’est souvenu l’avoir peut-être posé au guichet d’une librairie où elle venait d’acheter un livre. Mais en y retournant rien. Mise au courant des services, dont un membre finit par arriver vers Hélène avec un passeport à la main, une chinoise à ses trousses disant « c’est le mien, c’est le mien ». Or, c’était bien celui d’Hélène, c’est écrit dessus avec photo ; enfin ça sert à ça un passeport, à certifier l’identité. Et bien la chinoise n’en démordait pas, c’était le sien, même avec son époux à côté qui essayait de la calmer en lui disant que « non, tu vois bien que ce n’est pas le tien ». Elle a finit par fouiller dans son sac pour y trouver son propre passeport. Ouf ! En fait elle avait sans doute ramassé celui Hélène à la caisse de la librairie. Pendant tout ce temps là Hélène avait angoissé, imaginé les plans B chiant, genre aller jusqu’à Phnom Penh déclarer la perte à l’ambassade et avoir un provisoire, etc. Et entre temps elle avait râté son avion et a dû attendre le suivant. Mais la frayeur était passée !

Campagne autour de Siem Reap

Au Cambodge les femmes ont souvent de jolis chapeaux, même pour travailler

Vendeuse de « bamboo cake », riz gluant sucré cuit dans les tiges de bambou ; j’ai bien aimé

Boutique roulante

En amazone

Echoppe du bord de route. Des cocos en vente partout au Cambodge. Dans les bouteilles à côté c’est de l’essence, pour les scooter qui passent.

Dans les pays pauvres, quand on est pauvre, on a le droit au système D, de se débrouiller, de vendre des beignets, des bananes du jardin, on a le droit de rester actif, imaginatif, créatif, pour vivre. On peut rester dans le flux, agir sur sa vie plus facilement qu’en France.

Au Cambodge il y a des buffles partout

Maison de pauvre, fait main, on a le droit

Travail des champs

Maison classique de campagne

Tout doit être bien vert à la saison des pluies

De mon côté j’ai pris mon premier bus-hôtel, avec des couchettes horizontales. C’est pas mal, mais j’ai eu très froid avec l’aération (pour une fois que je n’avais pas gardé mon sac de couchage avec moi). Ceci dit, on dort quand même mieux que sur un fauteuil, même si le bus fait camion de livraison toute la nuit et s’arrête pour charger ceci et décharger cela. En allant aux toilettes j’ai eu du mal à les atteindre avec tout ce qu’il y avait d’entreposé dans le couloir.
Arrivée à Sihanoukville le lendemain matin, avec un bateau à prendre directement pour les îles, j’ai traversé une partie de la ville avec la navette incluse dans mon billet. Un effet plutôt mauvais. Des mini-décharges à des coins de rue, avec la puanteur qui s’en dégageait. Une ville moche, comme sortie d’un épisode de guerre, avec beaucoup, beaucoup de chantiers, partout. Des maisons en démolition, des immeubles en construction. La ville est en grande transition, en fait. Bizarre. Plus tard dans mon séjour j’ai appris que l’état cambodgien a vendu des milliers d’hectares de Sihanoukville et ses alentours côtiers à des chinois. Et il est vrai qu’il y avait énormément de restaurants et boutiques chinoises. Il paraitrait qu’ils ont déjà construit 45 casinos. Et sur les îles ils ont également rasé des hectares pour construire des resorts. Je crois qu’il y a un énorme projet touristique dans cette région, mais que ça ne sent pas très bon. J’ai aussi entendu le mot mafia, qui serait présente dans la ville. Et sur Phnom Penh le phénomène augmente également ; de plus en plus de bâtiments vendus à des promoteurs chinois. Comme en Afrique, la Chine s’étend en Asie du Sud-Est.

Koh Rong, le matin

J’ai commencé par deux nuits sur la plus grande île, Koh Rong. Plutôt nulle. C’est comme à Railay mais en pire : le village s’étend sur une fine bande entre la plage et la colline : sensation d’entassement des bars/restos/hôtels/agences. Sensation d’étouffement, de non échappatoire de cette ambiance festive où l’alcool et les space cakes semblent être des trucs normaux à consommer tous les jours, la musique s’écoute à fond. J’ai passé une après-midi sur un bateau, pour faire du snorkeling, de la pêche et de la plage. Le snorkeling était nul, rien à voir sous l’eau. La pêche j’ai zappé, capturer des poissons pour le fun ça laisse à désirer. La plage, fallait nager pour y aller, alors j’ai nagé autour du bateau et suis remontée dessus pour continuer le bouquin commencé pendant la pêche. Au coucher du soleil on nous a servi du poulet et des légumes grillés avec un bout de pain, avec bière ou coca, sous couvert de musique à fond et spot lumineux comme en boîte. L’ambiance ne suivait pas, je pense qu’une bonne partie des visiteurs n’en ont rien à faire de ce genre de divertissement, comme les quatre japonaises assises en face de moi et qui n’ont pas bougé du tout pendant 5 heures, même pas pour se baigner.
Il y a d’autres endroits possibles sur l’île, mais dans des hôtels assez chers, loin du village donc on ne peut pas être autonome pour les repas, on dépend entièrement du resto de l’hôtel. En plus pour y aller il faut payer un taxi pour 20 ou 30 $. Globalement, la vie est chère sur l’île. Mon hôtel était dans les plus abordable, mais pour l’état de la chambre et de la salle de bain c’était cher. La plupart ne sont pas très bien noté sur Booking.com, mais l’île est tellement courue qu’ils ne se foulent pas trop et exploitent le filon.

Rue principale de Koh Rong, à savoir le haut de la plage

Bateau pour la balade des groupes

Les bains de mer, une des 7 merveilles du monde des ressentis

Barbecue sur le bateau

Les quatre japonaises qui avaient l’air sympa, mais d’un triste étonnant, particulièrement celle de droite, carrément dépressive, la pauvre. J’ai appris sur les couples sur ce bateau, parce que là ça semblait être deux couples de femmes. Et il y avait aussi deux hommes et deux femmes allemandes, hétéro, mais ils passaient de l’un à l’autre, sorte de quatuor et non couples. Intéressant.

Oh, un coucher de soleil!

Le 31 décembre au matin j’ai quitté ce grand foutoir pour aller sur Koh Rong Samloem, sa voisine plus petite. J’avais réservé dans un hôtel plus cher, mais au moins plus sympa et aussi pour me faire un cadeau de nouvel an. Déjà en débarquant j’ai eu une bonne impression parce qu’au moins on pouvait respirer : le village est plus étendu, les rues sont larges. Même s’il n’y a pas de voiture, juste quelques scooters pour transporter des victuailles depuis les bateaux de fret. Et il y a un peu de vie locale, on se sent toujours au Cambodge. Bien sûr c’est également tourné vers le tourisme, mais il y a aussi des petites échoppes locales, et ce n’est pas tourné vers la fête et l’alcool. C’est tranquille.
Sur cette île aussi il y a d’autres plages/lieux pour séjourner dans des hôtels où tout est fourni. C’est plus cher mais pour des séjours vraiment tranquilles dans un cadre paradisiaque c’est l’idéal.

Une des rues sur Koh Rong Samloem, on respire et on se sent toujours au Cambodge

Tenue très répandue chez les cambodgienne : le pyjama. Sans rire, ça fait vraiment pyjama, avec des nounours ou des motifs de ce genre. Mais elles le portent en journée.

Plage pas bondée du tout, eau bleue transparente, un bon bouquin (Hélène m’en avait amené 6), la belle vie…

Je disais quoi déjà? Ah oui, la belle vie…

La seule déception que j’ai eu est que, j’avais réservé dans un hôtel avec des bungalows et un restaurant, tenu par un francophone, pour me donner des chances de passer le nouvel an avec une sorte de groupe via la clientèle. Or, quand je suis arrivée le tenancier m’a dit être en surbooking (le site booking.com avait déconné) et il me donnait le choix entre la chambre bungalow que j’avais réservé ou une chambre dans une guesthouse pas très loin. En allant voir cette fameuse chambre j’ai accepté parce qu’elle était dans une maison en brique, donc moins sonore et plus tranquille. Mais je n’avais pas pensé qu’en faisant ça je devenais cliente de la guesthouse et non plus de l’hôtel. Du coup, quand je suis allée au dîner spécial réveillon le soir, j’ai été accueillie comme une étrangère et non plus comme une cliente. L’ambiance était bizarre, comme un soir normal, les groupes de (jeunes) clients buvaient des bières en papotant, rien n’était fait pour rapprocher les gens, il n’y avait pas d’unité, même le thème « dernière soirée de l’année » semblait absent. Je n’étais pas très à l’aise, je me demandais quand le dîner serait servi, peut-être qu’alors ça changerait ? Bien sûr, je m’en voulais de n’être pas capable d’aller vers une table avec un sourire et demander si je pouvais me joindre à eux. Quelle table ? Quoi raconter ? En fait je crois que je n’avais pas envie d’aller à une table. Et c’est la position intérieure que j’ai choisi, parce que je n’allais pas en plus auto-saboter ma soirée en me foutant mal intérieurement, pas question. Alors j’ai passé une soirée seule, à apprécier le lieu, à penser à l’année écoulée, à remercier de la chance que j’avais de vivre tout ça.

Il y a eu un spectacle de jeu avec le feu, par quatre jeunes amateurs mais assez doués. Et puis ensuite on est venu me dire que mon assiette était servie. Chacun était servi un par un dans son coin. J’ai mangé mon assiette chère pour ce que c’était (mais cuisinée par un français, ça fait assez chic pour justifier une majoration) et suis repartie de ce lieu pour moi minable, sans aucune classe de création de beau moment. C’est un savoir faire, ça aussi. Au moins ils ont fait un coup financier, ce qui est un autre savoir faire.

Ponton privé d’un resort

Les chinois achètent les terrains sur les îles. Ici construction d’un énorme resort en cours

Il y a une autre plage isolée que l’on atteint que en bateau ou par un sentier dans la forêt. Je crois que les chinois cassent les arbres et le charme pour en faire une route. Trist eo.

Ponton du village. Au milieu il y a un restaurant turque.

Mon échoppe restaurant préférée, tenue par une femme sympa, vivant seule avec sa fille (8-10 ans) qui l’aide pour le service. Un jour elle a déboulé de sa cuisine pour se mettre à invectiver un homme (européen) qui passait sur la plage avec une femme (asiatique). En fait on comprenait que cet homme l’avait quittée pour une autre, la laissant seule avec le resto et l’enfant, et que maintenant elle ramait pour tenir la barre toute seule. Il y a beaucoup, beaucoup de couples homme européen-femme asiatique en Asie. 

Je me suis promenée sur la plage, c’était calme partout. Excepté un resto/bar un peu sur la hauteur qui avait annoncé une fête pour le nouvel an, et la musique boumboum commençait à se faire entendre. Mais uniquement dans ce lieu. Ailleurs d’autres mondes étaient possible. Je me suis assise devant un feu qui avait dû servir de barbecue plus tôt dans la soirée et qui était déserté. Là, j’ai regardé le temps passer, au sens propre. Regardé les minutes s’écouler sur mon téléphone, ces derniers moments 2018 se finir. Je me sentais vraiment bien. Et puis 2019 a commencé, dans des éclats de feux d’artifice lancés par deux hôtels du bord de mer, tout simple mais beau. Il y avait un coréen pas loin et il est venu me souhaiter la bonne année. On a regardé les lumières ensemble.

01/01/19 – 00h01

Voila, une page était tournée et une autre commençait. Pour moi très bien, à me baigner dans des eaux bleues et transparentes, à repenser à tous ces bons moments avec Hélène, à faire le point, à imaginer des possibilités d’avenir, à prendre le temps, avant de reprendre la route.
Bientôt.

(En fait j’ai mis toutes les photos dans le texte! Ca fait beaucoup hein?! Pourtant j’ai sélectionné 🙂

2 thoughts on “Une fin d’année heureuse

  1. Anne Le Guen

    Très intéressant tout ce que tu racontes et les photos commentées! Merci Maryvonne!
    Ici tempête du nord. Vivement le beau temps!
    Bisous et bonne suite de voyage!

    • Maryvonne

      Merci Anne! 🙂
      Grosse tempête?! Pfffff, j’espère qu’il n’y a pas trop de casse chez les maraichers, et ailleurs.
      Avant j’aimais les tempêtes, mais maintenant c’est trop de souvenir de stress intense pour les dégâts sur les tunnels 😀
      Bon courage.
      Bises
      Maryvonne

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