D’Est en West – 3ème partie : Boulder (Colorado)

Je commence cet article le 30 décembre 2017, à San Francisco. Lundi je prendrai un avion pour Mexico avant de descendre plus au sud travailler dans une ferme du Chiapas. J’avais prévu de finir de raconter ma traversée des Etats Unis avant de les quitter, mais ça ne s’est pas déroulé comme prévu. Mon séjour dans cette ville a été assez chaotique et improductif, sinusite mais surtout insomnies soudaines et inexpliquées raccourcissant mes journées et mon enthousiasme.
Ceci dit, la nuit dernière a été, dans ce contexte, du genre miraculeuse. J’ai bien dormi et je me suis réveillée en forme à 7h. Et vous savez quoi ? J’ai passé la meilleure journée de mon séjour. Et j’ai la motivation pour coucher ces lignes et les suivantes.

Nous en étions donc à mon départ de la Nouvelle-Orléans, en bus, un jeudi matin.

Train de fret. Ils sont fascinant à voir passer aux USA parce qu’ils sont très très très très très longs. Un kilomètre peut-être?

Mon objectif était de rejoindre Boulder dans le Colorado où j’avais une place de deux semaines en house sitting, c’est à dire comme du baby sitting mais pour un logement et en général les animaux qui y vivent. Là, il s’agissait de m’occuper d’un chien et d’un chat diabétique pendant les vacances de leurs propriétaires, en échange d’occuper la maison et d’avoir la voiture à disposition. Super bon plan.
La compagnie de bus Greyhound pouvait m’amener jusqu’à Denver, à une heure de Boulder. Après je prendrai une ligne locale. L’arrivée à Denver était prévue vers 17h le lendemain après deux changements, le premier à Shreveport (une petite ville au nord de la Louisiane), le deuxième vers 23h à Dallas. Je n’avais rien réservé à Denver au cas où il y ait un retard me faisant rater une correspondance, ce qui arrive souvent. Et j’aimais bien cet inconnu, qui n’était pas du tout inconfortable parce que j’avais quand même repéré plusieurs hôtels pas trop chers que je pourrais réserver au dernier moment (j’utilise souvent l’application Booking.com pour ça, ou Airbnb).

Bus allant à Dallas en pause dans une station service

Je ne cherche des places en Couchsurfing que quand je suis sûre de mon arrivée et de ne pas être trop fatiguée pour discuter avec mon hôte. Couchsurfing est avant tout un site pour faire connaissance avec des personnes locales et échanger sur les voyages et autres sujets communs. Ce n’est pas à considérer uniquement comme un moyen d’hébergement gratuit. Il s’agit de particuliers qui acceptent de nous recevoir chez eux, pas des hôtels. Même si certains sont très occupés et nous laisse nous débrouiller avec les clefs tout en étant heureux de nous dépanner. Mais c’est à eux de décider. Je lis beaucoup de commentaires d’hôtes choqués par le comportement de visiteurs qui passent leur temps sur leur téléphone, ou devant la TV, ou ne rentrent que pour se coucher, qui parlent à peine tout en se servant dans le frigo. Et oui, assez effarant. Bref, perso j’arrive avec quelque chose (souvent du chocolat), en général j’apporte mon repas et j’ai l’esprit prêt à passer du temps à échanger avec ceux qui me reçoivent. Je sélectionne à qui je demande aussi ; je regarde qui offre une chambre individuelle (les canapés c’est sympa mais si je peux être tranquille dans une pièce séparée ce n’est pas plus mal), je lis les références laissées par d’autres voyageurs ce qui permet notamment de voir le genre de relations qu’il y a eu (repas partagés, activités communes ou totale indépendance).
Donc, pour Denver, je prévoyais de n’avoir pas spécialement envie de sociabiliser après 34h de bus et envisageais de trouver une auberge de jeunesse ou un hôtel.

Les camions sont vraiment beaux aux USA. Ici je comprends l’expression « beau comme un camion »!

J’ai bien aimé regarder les paysages de Louisiane depuis la fenêtre du bus. Des étendues de marais et de lacs, que l’autoroute traversait sur pilotis. Nous somme arrivés à l’heure à Shreveport où j’avais presque une heure d’attente avant le bus suivant. Mais j’ai assez vite appris que ce bus avait lui 2h de retard, et zut. Il fallait que je passe 3h dans cette petite gare où la cafeteria a fermé à 19h sans que j’ai rien acheté, avec la perspective de passer un temps, pour le moment indéterminé, à Dallas, en pleine nuit, pour attendre le prochain bus pour Denver parce que j’allais louper celui prévu.
Inch Allah.

Un pignon au Texas. Au milieu du rien c’était assez beau.

Ce fameux deuxième bus a quitté Shreveport avec 2h 10 de retard. Il était bondé, les gens étaient fatigués, un peu énervés, irritables. D’autant plus que le bus faisait vraiment plein d’arrêts dans des bleds improbables, des zones d’activités désertes où attendaient un ou deux passagers supplémentaires. Il a fait une seule pause dans une station service, vers minuit, où j’ai enfin pu acheter un truc à manger. Au fond du car il y a eu du reuz à un moment (reuz, mot breton signifiant … euh, du remue-ménage, du bordel, du chahut). Une sacrée prise de bec entre deux personnes, dont une femme qui braillait avec colère contre je ne sais qui. J’étais devant et ne voyais rien de ce qu’il se passait mais au son j’entendais l’entourage essayant de calmer le jeu et aussi d’empêcher que ça aille plus loin. Le chauffeur a été interpellé pour intervenir, mais il n’a fait que dire placidement au micro qu’il fallait se calmer et arrêter les enfantillages. Au final ça s’est tassé après quelques vagues de relance, mais ceci grâce aux passagers témoins de la scène qui ont tout fait pour désamorcer la bombe et ne pas prendre partie.

Extrait de la traversée du Texas en bus

Arrivée à Dallas vers 1h j’ai été soulagée de savoir que le prochain bus était à 4h30 et que j’arriverai à Denver vers 23h au lieu de 17h ; je ne passerai pas une deuxième nuit dans les bus. Ceci dit, j’avais 3h30 à attendre. J’ai essayé de dormir mais impossible, trop de bruit et peur de ne pas me réveiller. La gare était bondée elle aussi, difficile de trouver un siège. Mais j’en ai eu un et j’ai passé le temps en observation, relaxation/repos et vidage d’un paquet de Treets. Enfin des M&M’s paquet jaune, mais Treets c’était plus court et plus joli.
Quand je suis montée dans le bus j’étais loin d’être la première et j’étais tellement fatiguée que je n’ai pensé qu’à ma gueule en m’asseyant de suite sur les sièges juste derrière le chauffeur qui étaient libres mais normalement réservés aux personnes à mobilité réduite. Il me fallait une place côté fenêtre et j’ai tenté le coup. Et non seulement je n’ai pas eu à me déloger mais je n’ai même pas eu de voisin.e jusqu’à Denver soit pendant 18h. Du coup j’ai dormi plusieurs fois pendant la journée aussi, à moitié allongée sur les deux fauteuils.

Extrait d’un moment que j’ai particulièrement apprécié lors d’une pause sur la route de Denver

Le paysage est resté le même pratiquement tout le long, en traversant ce fameux Texas vers le nord. Et même le début du Colorado. Sans doute pas sur la fin avant Denver où je pense qu’on est passé de la steppe aride aux grandes prairies. Mais il faisait nuit et je ne voyais rien. C’était à la fois nouveau et monotone, dépaysant et ennuyeux. J’aimais bien.
J’aimais aussi les pauses dans les stations services, l’occasion d’échanger trois mots avec d’autres personnes, de me dégourdir les jambes et respirer un air lui aussi nouveau.

Depuis le bus j’avais réservé un lit dans une auberge de jeunesse au centre de Denver. Heureusement elle n’était pas trop loin de la gare routière parce que je n’étais pas à l’aise dans ces rues vides bordées de gratte-ciel. Ce sont des quartiers que je n’aime pas du tout, c’est glacial, même le jour.

Rue de Denver vers 23h un vendredi soir

Le samedi j’ai un peu déambulé dans le centre ville et je n’ai pas été plus emballée ; c’est une ville assez impersonnelle et qui n’a rien de joli, pour ce que j’en ai vu ce jour là et deux semaines plus tard en repartant.
J’avais rendez-vous avec Lorena et Drew à 17h à Boulder et j’y suis donc allée en bus. Lorena est venue me chercher à la gare et on a passé la soirée à faire connaissance, à me présenter ce qu’il y avait à faire, me montrer les balades pour Ziggy le chien, les circuits de rando, les trucs à visiter, les piqûre d’insuline pour Zephyr le chat, où couper l’eau, le compteur électrique, les poubelles, etc.

Ziggy dégustant sa dose de beurre de cacahuète (placée dans son jouet rouge) après sa balade du matin. C’est un rituel.

Le lendemain matin j’ai accompagné Lorena et Drew en voiture jusqu’à un arrêt de bus où passe une navette pour l’aéroport de Denver (ils allaient à Hawaï visiter les parents de Drew qui viennent de s’y installer). Ensuite il a fallu revenir avec la voiture.
J’étais à moitié pétrifiée, je revivais mes premières sensation quand j’ai eu mon permis et que j’avais trouille de déranger les autres sur la route et de faire des conneries. Déjà c’était une boîte de vitesse automatique bien sûr et il fallait que je fasse attention à ne pas appuyer sur la pédale de débrayage en voulant changer de vitesse : il n’y en avait pas donc c’était sur le frein que j’appuyais, ce qui produisait un effet suffisamment éloquent pour arrêter mon mouvement de main pour changer de vitesse qui n’aurait pas mieux marché puisque le levier ne sert pas à ça. Ensuite, la signalisation est légèrement différente et certaines règles de conduite aussi. Pour finir, est-ce que j’avais bien mémorisé le chemin ?

Maison du quartier pendant les deux jours de neige que j’ai eu à Boulder

Bon, je suis rentrée saine et sauve avec le bon chemin du premier coup, il n’y a eu aucun soucis hormis deux ou trois surprises de freinage involontaire, mais waouh, quel effet bœuf de manque de confiance au début, je m’étonnais moi-même.
Du coup en rentrant j’étais toute joyeuse, comme si je venais d’accomplir un énorme exploit. Après quelques sorties, conduire était redevenu banal. Quoique, rouler à travers les paysages époustouflant en écoutant la radio américaine et notamment de la vraie country du cru, ça faisait un effet plutôt pas mal.

Ca m’a fait du bien de me poser à Boulder. Déjà la ville est très agréable, les gens parlent facilement et aident facilement. Et puis la ville est juste au bord de la chaîne des montagnes rocheuses, à la fin des grandes plaines. Tout le monde aime au moins randonner, et même skier, voire escalader. Pas la peine de sortir beaucoup de la ville pour avoir les premiers circuits de rando/balades ni les premiers applombs rocheux à escalader.
Ensuite, j’ai pu avoir un rythme régulier d’activités, de repas, de sommeil. Notamment grâce à Zéphyr qui pour cause de diabète doit avoir ses repas et ses piqûres à heures plus ou moins fixes, et de Ziggy qu’il fallait promener au moins matin et soir. De ce fait j’étais levée pour 8h-8h30 et à 9h30 max j’étais dehors avec le chien. Je sais, ça n’a rien d’exceptionnel et pour vous ça revient peut-être à faire la grasse matinée. Mais pour moi qui n’a plus d’impératif extérieur et qui a un sommeil régulièrement capricieux et bien c’était une nouveauté bien agréable.
L’après-midi était souvent réservée à des balades plus longues dans différents endroits. Le matin on restait dans le quartier, notamment autour de deux lacs où on peut lâcher les chiens. Je n’aime pas avoir un chien en laisse et aux Etats Unis il n’y a que certains endroits où c’est autorisé de les laisser en liberté.

Pendant la balade du soir autour d’un des lacs qu’il y avait pas loin. Asséchés, comme dans beaucoup de région que je traverse depuis mon départ de France.

J’ai pu me remettre à cuisiner un peu, du moins faire mes préparations préférées parce que je suis majoritairement crudivore en tant normal. Salades de légumes, graines germées, yaourts végétaux fait maison, etc.
Et c’est avec plaisir que j’ai pu reprendre un peu de sport. J’avais demandé à me faire expédier mes chaussures de courses à Boulder (merci môman) et je les ais donc trouvé en arrivant. Ca a été très difficile au début. Je me suis à nouveau retrouvée face à mon état intérieur inexpliqué : une sorte de grande fatigue. Ce n’était pas vraiment une fatigue parce que j’avais ça tout le temps, même sans me sentir particulièrement fatiguée. C’était comme s’il me manquait une pièce, un grand manque de force, de ressort, de pulsation. Une bonne comparaison, que ceux qui conduisent avec un moteur turbo comprendront : c’était comme si le turbo ne marchait plus. J’avais assez de carburant et de batterie, je me sentais l’énergie et les muscles, mais pas le turbo. Un truc bizarre.

Fin de la rando où j’en ai pleuré de tristesse de voir mon état physique

Et j’avais ça de longue date. Depuis 2014 je pense. Il fait partie de ce que j’ai appelé ma grande fatigue et qui m’a poussée à arrêter la ferme et de passer la main. J’avais vraiment donné beaucoup de jus les premières années. En deux ans et demi tout était construit et tournait en croisière. Après avoir commencé en juillet 2011 j’ai fini l’année 2013 en terminant le grand hangar avec mon cousin Laurent, pendant les week-end. Mais ça a été aussi un hiver de tempêtes. Elles s’enchaînaient au point qu’on avait l’impression que c’était la même qui durait 3 mois. Je stressais en permanence pour les serres, le matériel, les cultures. Il y a eu un premier débâchage de serre fin octobre, un deuxième le 23 décembre, et ça c’est fini par le plus gros le 14 février : 180 km/h qui ont mis à terre un tunnel entier et débâché un second. Sans parler des pignons et portes fréquemment dessoudés.

C’était vraiment bon de voir l’hiver, et surtout la neige

Normalement l’hiver est la saison où l’on peut se reposer un peu, en maraîchage. Cette année là je ré-attaquais la saison sans vraiment de repos, les caisses à zéro et beaucoup d’inquiétudes. Ca m’a mis un coup comme on dit. En fait j’étais à genoux. Je ne pouvais plus continuer comme ça. Je ne voulais plus non plus, donner autant pour voir le travail se faire détruire si facilement. Quelque chose a lâché à l’intérieur. Je pense que c’est le turbo. Je n’ai jamais plus eu la niaque, je n’ai jamais plus traversé le champ en courant, je n’ai jamais plus eu la même force ni la même motivation. Je n’avais plus mon dynamisme. Ca m’a amenée à embaucher quelqu’un deux jours par semaines pour m’aider et j’ai été jusqu’au bout grâce à ça. Mais sans vraiment récupérer.

Ca m’a fait plaisir de voir un panneau comme ça! Ca devient pénible quelques fois ces moustiques géants qui font BZZZZZZ au-dessus de nos têtes, même dans des endroits magiques que l’on voudrait apprécier peinard.

En me remettant à courir à Boulder j’étais face à tout ça. Je voyais mon corps se mouvoir avec peine, sans le comprendre par ce que je me suis reposée depuis tout ce temps. Alors j’ai remonté à la source, j’ai regardé à l’intérieur pour essayer de savoir ce qu’il se passait. Est-ce que j’avais une maladie ? Une carence ? Etais-je usée précocement ? Non, non, non, ça ne collait pas. Ce qui m’est apparue c’est qu’en 2014 j’ai jeté l’éponge et j’ai décidé que je ne pouvais plus. J’étais fatiguée, certes, mais j’ai décidé que je ne pouvais plus. Le fait que je n’ai pas retrouvé la forme par la suite vient du fait que je n’avais pas vraiment conscience de cette décision et que je n’ai jamais décidé le contraire ensuite. Je dis pas vraiment conscience parce que je sais que quelque part j’aimais bien être fatiguée. Ca m’a permis de me reposer, de glander, de ne rien faire, et ce n’est pas désagréable. Ca me justifiait, ça me déculpabilisait dans ma démarche.

Sites d’escalade aux portes de la ville

Seulement maintenant j’en ais plus que marre, j’ai envie de faire des trucs, j’ai envie de retrouver mon dynamisme, ma force physique, de renouer avec le sport. Alors à Boulder j’ai décidé que je n’étais plus fatiguée. J’ai décidé de retrouver la forme et de pouvoir à nouveau grimper une côte sans souffler comme une baleine et avoir la tête qui tourne. Parce que je me souviens d’une des premières rando là-bas, j’en ai pleuré. Ca montait dur, ok, mais bon, j’en ai vu d’autre. Là c’était une épreuve de faire un pas, j’avais le souffle court, aucune impulsion, aucune énergie arrivant aux muscles, comme une myopathe. Je me suis forcée à aller jusqu’en haut, pour entrainement, mais je me suis mise à avoir des vertiges et ça m’a fait peur.
Ce qui est pas mal avec ce genre de peur c’est qu’à partir de là on ne peut plus mettre ça de côté. C’est le problème qui se plante devant notre route, les mains sur les hanches, nous regardant droit dans les yeux et disant : « oh, c’est quand que tu me règles mon compte? »

Balade du matin dans le quartier, dans le beau temps qui a suivi la neige

Ok, mais à première vue je ne savais pas comment régler ça. Dans ces cas-là il faut dire un gros « ta gueule » au mental et écouter ce qui vient. La compréhension de ma décision d’être sans force est venu en courant dans les jours qui ont suivis. Courir me met toujours dans une sorte de méditation, et étant en effort justement je pouvais vraiment observer mes sensations et mes blocages. Et quand m’est venue l’idée que c’est moi qui avait décidé tout ça et bien c’était logique, évident. Ca me faisait une grande cohérence intérieure. Alors j’ai su que j’étais quasi guérie.
Ensuite j’ai travaillé sur mon nouveau personnage. Parce que je quittais la fatiguée. Quand je courais c’était Mary qui revenait, la coureuse de 25-35 ans qui enfilaient les kilomètres. Ca me faisait du bien de la reconnecter et elle ça lui faisait du bien de revenir sous cet aspect (Mary a eu beaucoup de difficultés et de phases sombres). Ca a fait une réconciliation intérieure, en plus.
Je n’ai pas retrouvé la pêche du jour au lendemain, mais le processus était lancé.

Village de Nederland dans les montagnes. Il fait vraiment Western.

Je suis vraiment contente d’avoir découvert le Colorado. Beaucoup d’américains y vont en vacances. C’est un état connu pour le ski, la bonne bière (beaucoup de brasseries artisanales) et le cannabis (qui y est autorisé). Les montagnes sont magnifiques et paraissent d’autant plus belles et impressionnantes à la frontière avec la plaine. Ziggy était un chien génial. Jeune (trois ans) mais calme à la maison, obéissant dehors, joyeux quand on sortait, un super compagnon. Zéphyr était bougon par contre, il râlait souvent pour avoir à manger mais je ne pouvais lui en donner qu’une certaine quantité et à heure fixe. Dans les deux heures précédant ces moments il se plaignait de la qualité du service, qu’il allait se plaindre, que je pourrais me magner un peu plus, etc. Un vieux chat quoi, il avait 13 ans.

Zéphyr, que l’on peut consoler en câlinant

Normalement Lorena et Drew devaient revenir le dimanche 19 novembre mais la grand-mère de Lorena a décédé cette semaine là et ils sont revenus le vendredi 17. J’aurais pu rester avec eux les deux derniers jours mais ça ne me disait rien. J’avais déjà réservé mon prochain bus pour le dimanche soir au départ de Denver, mais je n’avais pas non plus envie de passer le week-end dans cette ville. J’ai alors regardé si je pouvais rester à Boulder et rencontrer quelqu’un via Couchsurfing ; c’est ainsi que j’ai atterri chez Kathy. Ca a été un week-end formidable. On a bien accroché de suite et pareil avec sa fille Jess(ica). Elle était fraîchement séparée de son mari (depuis 3 mois) qui était en fait un manipulateur et grand narcissique (pathologiquement parlant). Du coup elle était dans une phase très enthousiaste de retrouvaille avec sa liberté d’agir et de penser, sans être sermonnée, culpabilisée, jalousée, etc. Avec sa fille elles discutaient beaucoup pour détricoter les pensées/programmes instillés par le monsieur pendant des années sans qu’elles s’en rendent compte à première vue. Par exemple, jusqu’à présent Jess n’aimait pas son frère (que je n’ai pas rencontré car il étudie en Californie) mais en remontant à la source elle se rendait compte que ça venait de ce que son père lui disait sur lui et non de faits réels. En fait le monsieur faisait ça avec toute la famille pour séparer un peu tout le monde et avoir les manœuvres en une place centrale. Son frère allait revenir pour Thanksgiving et elle se faisait d’avance une joie de le retrouver et de lui demander pardon pour des faits du passé.

Plus on va vers l’intérieur de la chaîne montagneuse plus il fait froid et il y a de la neige

Je suis arrivée chez Kathy le vendredi en début d’après-midi, après avoir accueilli Lorena et Drew à l’arrêt de bus en leur laissant la voiture pour rentrer. De suite nous sommes allées randonner avec une de ses amies. Elles marchaient très vite tout en discutant et moi j’essayais de suivre en soufflant toujours comme une baleine mais en position « entrainement » à l’intérieur et avec la jeune Mary qui prenait les manettes. Ce n’était pas facile mais super jouissif, je me faisais du bien et n’avais pas de vertige du tout.
Le lendemain nous sommes allées marcher dans les montagnes avec Jess. Elles ne m’avaient pas du tout briefée plus que ça, je savais juste qu’on allait randonner autour d’un lac et qu’on avait le pique nique. Seulement on a roulé une heure et je voyais le thermomètre de la voiture qui descendait, descendait, descendait. La neige du paysage montait, montait, montait. Quand on s’est garées il y avait un vent fort qui faisait voler la poudreuse et le thermomètre affichait 23°F, soit -3°C. Argh ! Etais-je assez équipée ?

Magnifique balade dans la forêt enneigée

Oui, ça a été.
Et c’était magnifique. Sauf qu’elles marchaient encore vite. J’aime bien le sport mais là j’aurais aimé prendre le temps d’apprécier un peu plus le paysage. Donc je prenais un peu plus mon temps, aussi parce que je voulais économiser mon souffle car j’avais compris qu’on partait pour plusieurs heures. Sauf que, il y avait quand même plus de neige que prévu et apparemment le chemin pour le lac n’était pas forcément praticable sans ski ni raquette. Mais surtout, le chien a commencé à montrer des signes de difficultés à marcher : elle avait froid aux pattes. La décision d’acheter des chaussettes au chien a donc été prise, ainsi que celle de faire demi-tour pour rentrer.
La rando aura duré une heure et m’aura permis de passer vraiment un bon moment dans ce décor nouveau, au contact de la neige. Je l’avais vu un peu pendant deux jours au début de mon séjour, mais là c’était la bonne dose et avec un paysage de montagne.
Sur le retour j’ai demandé à être déposée au centre ville et du coup j’ai passé l’après-midi à flâner dans la rue principale piétonne et à profiter de ma dernière journée en cet endroit (oui, j’ai été chez Starbuck, encore).

Kathy et Jess

Le lendemain, après deux heures de rando au pas forcé avec Kathy dans un autre joli coin sans neige et avec soleil, j’ai pris le bus pour Denver. Je me souviens de la lumière magnifique avec un ciel comme orageux. Je me souviens d’un marché de noël allemand sur une place de Denver où on pouvait manger des plats bavarois en écoutant de la musique bavaroise jouée par des personnes habillées et coiffées comme des bavarois.es. Ca me faisait même plaisir de rencontrer des collègues européens tiens. Sauf qu’après avoir joué je les ai entendu parler en américain bien trempé, ça m’a déçu.

Je suis mon ombre vers de nouvelles aventures

J’ai pris le bus à 00h45, direction Las Vegas. Non pas que la ville m’intéressait vraiment (même si j’étais curieuse de voir cette curiosité) mais c’est l’endroit central où atterrissent les gens voulant faire des grands parcs nationaux comme celui du Gran Canyon. J’y avais réservé une nuit d’hôtel et une voiture pour un road trip se terminant à San Francisco une semaine plus tard.

Rue de Denver un dimanche soir vers 17h

Maintenant vous connaissez le thème du prochain article.
Ca vous fait quoi ?
Ben moi aussi ça me faisait un peu ça, en plus fort, parce que j’allais vraiment le faire.

4 thoughts on “D’Est en West – 3ème partie : Boulder (Colorado)

  1. Nanou

    Coucou maryvonne.
    J espère que tu vas bien.
    Janvier 2018 bien entamme. Ici la routine. Mais heureusement que tes videos sont la pour donner des envies de voyages .Il faut que je les montre a Killi.
    Bisous
    Kenavo
    Nanou

    • Maryvonne

      Hola Nanou!
      Estoy muy bien 😉

      Vas-tu réussir à bouger Killi? Bien possible, ça dépend pour où. Si vous allez jusqu’en Amérique du sud faites signe hein?!
      Bises à tous les deux

      Maryvonne

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