Les clowns

J’ai envie d’aller à leur rencontre à travers le monde et de vous les présenter ici. Je ne sais pas si on en trouve partout,  s’ils ont la même forme partout.

En plus des clowns c’est aussi le rire dans le monde que je voudrais explorer. Le rire, cette chose tellement bonne mais dont on parle si peu, qu’on recherche si peu, parce que ce n’est pas sérieux. Mais si on y réfléchit bien, très sérieusement, le rire est important, essentiel. Je sais de quoi je parle, je ris très peu. Je parle de rire vraiment, se bidonner. Au delà des clowns, c’est ma propre gaieté et ma propre légèreté que je veux retrouver :o)

J’aime les clowns, l’univers des clowns. Leur spontanéité, leur sincérité, leur franchise. Leur humour, leur drôlerie, leur pittoresquerie, leur burlesquerie, malgré eux. Leur poésie, leur sensibilité générale, leur insensibilité particulière, et réciproquement. Leur curiosité, leurs pieds au milieu du plat, leur doigt ou ça fait mal, ou chatouille.

Mais attention, il y a clown et pas clown. Un clown ce n’est pas un humain avec un nez rouge. Le clown ne cherche rien, n’attend rien. Quoiqu’il suscite, le clown le fait toujours malgré lui. Le clown ne fait pas exprès. Le clown est juste lui-même.

On ne fait pas le clown. Le clown est là, ou pas. Le clown est une sorte d’espace. Un espace infini, présent en chacun de nous et que l’on ne peut atteindre que tout nu. Tout nu à l’intérieur. Tout nu et à l’aise, sans avoir envie de s’habiller. Pas de complexe.

Lâcher nos constructions, délester, pour atteindre cet espace unique ou rien n’est grave, tout est nouveau et la vie éternelle. Là notre clown peut vivre et s’épanouir.

Le nez rouge (et autre maquillage et vêtements) est bien pratique pour faciliter la dés-identification et l’abandon de notre corps à l’espace du clown.

Très simple. Mais pas facile.

 

Duo en couleur, photo de Marie Claire (je crois)

 

J’ai essayé de rencontrer mon clown pour la première fois en octobre 2016, en participant à un stage de la Royal Clown Company, animé par Hervé Langlois. J’ai vraiment aimé l’enseignement d’Hervé, surtout basé sur ce délestage, un bas-les-masques général pour effacer nos limites, pour laisser place au clown. Ou du moins à des moments clownesques. Parce qu’au début on atteint l’espace du clown par à coups ; la peur d’être sans construction et de laisser la place à un autre réveille nos barrages protecteurs. Protecteurs de quoi ? Ici s’ouvre une porte que je vous laisse franchir pour vous-même.

Laisser le clown agir c’est sauter dans le vide en permanence, avec foi.

J’ai trouvé chez Hervé Langlois une réflexion fine et approfondie non seulement sur ce qu’est un moment clownesque mais aussi sur les processus intérieurs qui les alimentent ou les bloquent. Et il n’a pas peur de nous pousser dans nos retranchements qui sont des impasses : en poussant encore, voire encore et encore, le fond de l’impasse peut s’écrouler. Et là tout commence.

J’ai également beaucoup apprécié les nombreux parallèles que l’on peut faire entre le travail du clown et un certain art de vivre : se défaire de nos constructions, laisser de l’espace à l’inconnu en soi, faire l’inventaire de soi (sensations, émotions, etc), tout regarder d’un œil nouveau, rien n’est grave, prendre son temps, on s’en fout du regard des autres, être dans l’instant présent, se lancer dans le vide avec foi, lâcher, aller jusqu’au bout, etc.

Le clown d’Hervé est Angelus, que l’on pourra à nouveau voir sur scène dans 2-3 ans, si vous avez l’occasion d’aller le voir courrez-y :o)

Angelus, par C. Raynaud de Lage

 

Au cours du stage avec la Royal Clown Company j’ai pu rencontrer d’autres stagiaires dont Colette Pichon. Une femme que j’admire beaucoup, qui fait vivre son clown Ciboulette depuis plus de 40 ans. Elle travaille avec l’association Rêve de clown pour accompagner les enfants hospitalisés dans plusieurs CHU et hôpitaux de Bretagne. Avec d’autres clowns dont le fameux Edmond Prochain, Ciboulette visite les enfants pour leur ouvrir les portes d’un autre monde que leur quotidien souvent dramatique. Par leur présence les clowns communiquent leur légèreté, leur spontanéité, leur sincérité innocente et drôle, leur absence de gravité. Des soins difficiles et douloureux deviennent supportables et même non mémorisés par les enfants. Les rires éclatent, même au sujet de maladies incurables. Les parents aussi bénéficient de la présence des clowns, les autorisant à rire et être joyeux un moment malgré leur souffrance.
Et le rire soigne, le rire fait sécréter dans nos corps les molécules du bien-être, des réparations, de la résilience.

 

Edmond Prochain et Ciboulette

Colette Pichon anime également des « stages de clown« , qui ont des thèmes différents selon les sessions. J’ai eu la chance de participer à un de ces stages en avril 2017, juste avant de partir. Il était axé sur les duos de clowns, avec une soirée consacrée à l’utilisation des masques.

J’ai énormément apprécié ce stage au cours duquel Colette nous a placé dans différentes situations, différentes contraintes extérieures face auxquelles notre clown devait s’adapter. Pendant ce deuxième stage j’ai pu constater ma résistance à laisser mon clown venir et quand il est là mes limites de co-existence avec lui. En gros, je bloque 😀

J’espère avoir l’occasion de vivre le clown pendant mon voyage.

Mais surtout, parler de ceux qui vivent déjà un peu partout.

Allez voir des clowns dés que vous pouvez :o)

 

 

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